Jean-Luc Addor: «la commune de Crans-Montana s’enfonce toujours plus!»
En colère, l’avocat des parents d’une victime de l’incendie de Crans-Montana, Me Jean-Luc Addor fustige la communication de la commune de Crans-Montana et pointe de graves dysfonctionnements dans la conduite de la procédure pénale. Il appelle le Ministère public à agir sans délai.
La conférence de presse organisée par la commune de Crans-Montana ce mardi matincontinue de faire réagir. Pour Jean-Luc Addor, la démarche est tout simplement «indécente». Selon lui, cette prise de parole publique n’a rien apporté à la douleur des familles et contrevient aux règles élémentaires de procédure.
L’avocat se dit choqué de voir «une collectivité publique dont les manquements sont d’ores et déjà dénoncés s’exprimer hors procédure». Une situation d’autant plus problématique que, selon lui, la commune a fini par livrer des éléments lourds de conséquences. «On pensait qu’il y avait eu des manquements, mais franchement, on ne pensait pas qu’ils étaient aussi graves que ça.»
«C'est presque pathétique»
Jean-Luc Addor rejette fermement l’idée que la commune puisse se poser en victime. Pour l’avocat, Crans-Montana ne doit en aucun cas être reconnue comme partie plaignante dans la procédure pénale. Il s’étonne par ailleurs du silence persistant du Ministère public sur ce point.
Sur la notion de transparence invoquée par les autorités communales, Jean-Luc Addor est catégorique. L’avocat perçoit la conférence de presse de ce mardi matin comme une sorte de «suicide médiatique» – «c’est presque pathétique», résume-t-il.
Appel à agir immédiatement
En nom des parents de la victime qu’il représente, Jean-Luc Addor appelle le Ministère public à enfin veiller à utiliser «tous les moyens autorisés dans la loi», y compris perquisitions, pour aller de l’avant dans cette enquête et manifester la vérité dans cette affaire. «On a le sentiment que le Ministère public a laissé la part belle à la commune jusqu’ici […] Maintenant, il faut que cela cesse», plaide l'avocat.
Concernant les gérants poursuivis, Jean-Luc Addor se joint aux voix demandant leur arrestation. «Quand on nous dit qu’il n’y a même pas lieu de parler de risque de collusion, on croit rêver, pour ne pas parler de cauchemar.»
Autre point de crispation: l’accès au dossier et la participation aux auditions. «Pour l’instant, nous n’avons rien reçu. On a presque plus d’informations par les médias que par la voie officielle.», constate l'avocat avant d'ajouter: «Le refus de la participation des avocats des victimes aux auditions est un scandale.»
Enfin, interrogé sur un éventuel «système à la valaisanne» peu surprenant, vu par certains de l'extérieur, Jean-Luc Addor se montre nuancé, mais inquiet. «Ce que je regrette, c’est que quand un drame pareil se produit, on n’a pas le sentiment que l’enquête est menée avec toute la rigueur nécessaire.» Sur l'image écornée du Valais, l'avocat conclut: «Il appartient maintenant aux autorités de poursuite pénale de casser cette image».