Genève

L'État fait un premier pas pour soulager les pêcheurs genevois

15.07.2025 17h32 Julie Zaugg

Les prises sont maigres

C’est la crise pour les pêcheurs du Léman. Face à la chute drastique du nombre de perches dans les eaux du petit lac, plusieurs pêcheurs professionnels appellent à l’aide. Après l'alerte relayée par la Tribune de Genève, le département du territoire annonce à Léman Bleu faire un geste: le loyer des locaux à la Maison de la Pêche est suspendu jusqu’à nouvel ordre. 

Elle est bien maigre, la prise du jour. «Deux trois perches, mais le reste ce ne sont que des gardons, comme les appelent les Français...» se désole Michel Perrissol devant ses filets. Ces gardons, ou vengerons côté suisse, n’intéressent que les hérons. Seul un petit panier des perches tant convoitées a été rempli ce matin, par quatre pêcheurs. Bien loin du volume auquel ces professionnels étaient habitués. «Il faudrait quatre paniers comme celui-ci, minimum et par pêcheur, tous les jours!» nous explique le pêcheur professionnel. Et de rajouter: «il faudrait aussi pouvoir économiser pour l'hiver, ce qui n'est pas le cas puisqu'on peine déjà à payer les factures de l'été». 

Dans ce panier, l’équivalent d’une centaine de francs… peu, trop peu. Et cela dure depuis plus d’un an et demi. Face au réchauffement climatique, la concurrence du silure et à la prolifération de la moule quagga, les perches ont déserté le petit lac et les pêcheurs du Léman en pâtissent lourdement. «Dans le petit lac, il n'y a pas de profondeur, pas comme le côté vaudois où eux peuvent pêcher encore quelques truites ou ombles chevaliers. Nous, quand on n'a pas de perches, on ne gagne pas notre vie», expose-t-il. 

Loyers suspendus avant des aides plus pérennes

Vaudois et Français subissent eux aussi la situation. Pour certains, comme Michel Perrissol, elle devient extrême. Après 52 ans de métier, il a vu les économies d’une vie réduites à peau de chagrin en l'espace de quelques mois. Il tire la sonnette d’alarme. «On a essayé d'alerter l'opinion publique, le Conseil d'Etat avec Antonio Hodgers qui s'occupe de l'eau, ainsi que d'autres conseillers d'Etat, mais rien n'est prévu pour aider les pêcheurs. On a demandé à ne plus payer les loyers de la Maison de la Pêche et d'avoir des aides financières mais voilà cinq mois que l'on attend!» s'impatiente le pêcheur. En attendant, à la pêcherie, le frigo de Michel est vide. Ceux de ces voisins, à peine mieux. Voilà une année que le volume de perches a été divisé par cinq. 

L’appel à l’aide envoyé à l’Etat a finalement été entendu. Contacté aujourd’hui, le Département du territoire nous indique: « Il a été décidé de suspendre le paiement du loyer [à la Maison de la Pêche; ndlr] jusqu’à nouvel avis. Par ailleurs, le département réfléchit à des mesures de soutien à moyen et long terme». D’ici là, Michel Perrissol et ses confrères gardent espoir et attendent le retour des perches.