L’eau potable à Genève polluée par du 1,2,4-triazole
Des analyses menées cet été ont mesuré en moyenne 0,7 µg/L de 1,2,4-triazole dans l’eau du robinet issue du Léman, au-dessus de la limite fédérale de 0,1 µg/L. Le canton affirme que l’eau reste consommable.
Le 1,2,4-triazole est un composé utilisé en pharmacie et en agrochimie. Il peut aussi provenir de la dégradation de pesticides, de biocides ou de médicaments. Le Département de la santé et des mobilités annonce ce matin que des analyses menées cet été par Genève et Vaud dans le réseau de distribution d’eau potable alimenté par le Léman ont mis en évidence une teneur en 1,2,4-triazole supérieure aux normes fédérales.
Malgré la présence de la molécule, pas de panique, tout danger sanitaire a été écarté d’emblée, selon les autorités. Le chimiste cantonal genevois se veut rassurant: «Il n'y a aucun risque pour la santé de consommer l'eau à l'heure actuelle. Ce triazole est certainement présent dans notre eau depuis pas mal d'années. Selon les études à notre dispostion, on est très très loin d'un seuil critique par rapport à la santé.»
En moyenne, une valeur de 0,7 µg/L de 1,2,4-triazole a été détectée dans l’eau du robinet issue du Léman, au-dessus de la limite fédérale de 0,1 µg/L. «L’eau du robinet peut être consommée sans danger pour la santé humaine ou animale à la lumière des preuves scientifiques à disposition des services cantonaux concernés», indique le communiqué.
À titre de comparaison, en Belgique, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire considère les concentrations supérieures de 1,2,4-triazole supérieures à 4,5 µg/L comme nocives.
Origine de la pollution: rejets industriels valaisans
Un mandat d’évaluation a été confié au Swiss Centre for Applied Human Toxicology, avec des conclusions attendues prochainement. Les apports en 1,2,4-triazole dans l’eau se produisent à partir du site chimique de Monthey, ajoute le communiqué. Plusieurs entreprises industrielles valaisannes ont été contactées pour réaliser un état de situation des rejets.
En parallèle, des prélèvements additionnels ont été lancés et les distributeurs d’eau examineront des adaptations de traitement pour garantir une eau conforme aux exigences de la Confédération. Une communication de suivi est annoncée le mois prochain.
Contacté, les autorités valaisannes nous indiquent prendre très au sérieux la situation, malgré l’absence de danger sanitaire. Les entreprises concernées par ces rejets de polluants ont été sommées de prendre des mesures d’ici fin septembre.