Genève

L'histoire de l'art pourrait disparaître avec la réforme de la maturité

15.01.2026 18h30 Lucie Hainaut

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Dans le cadre de la réforme de la maturité gymnasiale, le Département de l’instruction publique envisage de retirer l’histoire de l’art de l’enseignement de base se lon une information de Bilan. Dès septembre 2027, la discipline pourrait être réservée aux élèves ayant choisi les arts visuels en option spécifique. Une perspective qui inquiète enseignants et milieux culturels, désormais mobilisés.

La possible disparition de l’histoire de l’art comme branche fondamentale au collège suscite une vive inquiétude. Pour Frédéric Elsig, directeur du département d’histoire de l’art à l’Université de Genève, l’enjeu dépasse largement la seule formation artistique.

«L’histoire de l’art est une compétence extraordinairement importante pour une maturité gymnasiale. C’est une compétence essentielle pour décrypter les images d’aujourd’hui. On vit dans une société inondée d’images, souvent manipulées, et l’histoire de l’art donne les clefs pour comprendre cet univers.» explique l’historien de l’art.

Une réforme dictée par le cadre fédéral

Le DIP justifie cette réforme par l’ordonnance fédérale sur la reconnaissance des certificats de maturité gymnasiale. Celle-ci fixe une liste de disciplines fondamentales reconnues par la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique, dans laquelle l’histoire de l’art ne figure pas.

Le Département affirme qu’en maintenant cette matière comme branche fondamentale, Genève risquerait de perdre la reconnaissance fédérale de sa maturité, fermant ainsi l’accès des élèves aux universités et hautes écoles.

Un argument que Frédéric Elsig conteste. «Notre interrogation porte sur les raisons de cette relecture des textes. Nous ne voyons pas de modification dans les ordonnances fédérales qui justifierait un tel changement.»

Fin de la démocratisation de la culture?

Actuellement, les collégiens choisissent entre musique ou arts visuels, une option qui combine pratique artistique et histoire de l’art. La réforme prévoit de ne conserver que la pratique en discipline fondamentale. L’histoire de l’art serait reléguée à l’option spécifique arts visuels.

La directrice de la Haute école d’art et de design craint un recul dans l’accès à la culture. «On va revenir à une situation élitiste, où seules les personnes déjà sensibilisées par leur entourage s’intéresseront aux filières artistiques.» se désole Lada Umstätter.

Face à ces perspectives, un collectif réunissant enseignants, étudiants et acteurs culturels s’est constitué. Une pétition circule pour demander le maintien de l’histoire de l’art comme discipline fondamentale au collège.