Genève

L’insécurité recule à Thônex, mais des craintes subsistent

01.09.2026 19h12 Rédaction

da silva

Deux ans après un premier sondage sur la sécurité à Thônex, le conseiller administratif Bruno Da Silva annonce à Léman Bleu une amélioration du ressenti de la population. Il se veut toutefois prudent: harcèlement de rue, nuisances, mendicité ou encore passages de frontière restent au centre des préoccupations.

«Tous les indicateurs sont en tendance positive !» Bruno Da Silva se félicite des résultats du nouveau sondage mené cet été auprès de la population de Thônex. L’enquête donne suite à une première consultation réalisée en 2024, dans un contexte marqué notamment par plusieurs faits divers à la place Graveson.

Sur ce second sondage, les résultats sont meilleurs et la participation a progressé de près de 30% (environ 200 réponses supplémentaires). «C’est réjouissant pour les Thonésiens», estime Bruno Da Silva, mais «ça ne va pas être un oreiller de paresse».

Le sentiment d’insécurité demeure davantage présent chez les femmes, à certaines heures et dans certains secteurs de la commune. «Il y a des publics plus exposés qui nous l’ont dit dans les sondages», relève Bruno Da Silva. Les attroupements, le bruit ou encore les nuisances liées aux motos figurent également parmi les préoccupations exprimées.

Le dispositif «Angela», comme grande nouveauté

Pour répondre notamment au harcèlement de rue, Thônex lancera d’ici à la fin de l’année le dispositif Angela. Des commerces partenaires, identifiables par la population, serviront de lieux de refuge – par «n’importe qui, à tout moment».

Il suffira de faire référence ou de directement demander «Où est Angela?», précise Bruno da Silva pour signaler une situation problématique auprès d’un commerçant préalablement formé. Le conseiller administratif juge la mesure nécessaire: «Ce n’est aujourd’hui pas tolérable, en 2026, que femmes ou hommes aient peur de sortir de chez eux.»

Autre évolution relevée par la commune: la mendicité. «C’est en recrudescence», affirme Bruno Da Silva. Le phénomène ne ressortait pas du sondage de 2024, contrairement à celui réalisé cette année. Les nuisances sonores figurent elles aussi davantage parmi les préoccupations.

La proximité d'Annemasse

La proximité avec la France continue par ailleurs de peser sur le sentiment de sécurité. Selon Bruno Da Silva, elle agit parfois davantage sur «l’esprit des gens» et «l’image qu’on peut avoir de Thônex» que sur les faits eux-mêmes.

Le magistrat appelle néanmoins à agir sur les infrastructures frontalières. «Le poste frontière ne peut pas être traité uniquement comme un levier de mobilité, mais aussi comme un levier de sécurité», défend-il.

Bruno Da Silva souhaite notamment repenser l’ouverture nocturne de certains petits postes de douane. «Fermer des petites douanes où personne ne passe la nuit, c’est un moyen de fermer des zones de fuite, de limiter les zones à contrôler par nos gardes-frontières.»

Autre thématique, les relations avec le Canton se sont améliorées. Le magistrat salue notamment le renforcement des partenariats et les patrouilles mixtes. La question des effectifs reste cependant entière. «On bute toujours sur des limites que sont celles des effectifs», constate-t-il.