Genève

La Cicad attaque Sylvain Thévoz en justice

02.09.2026 19h10 Martin Esposito

Le député socialiste est poursuivi pour atteinte à la personnalité. En cause, plusieurs commentaires sur le réseau social LinkedIn et la co-rédaction d’une lettre ouverte. L’élu plaide pour la liberté d’expression.

Les tensions entre la Cicad et Sylvain Thévoz montent d’un cran nous apprend la Tribune de Genève. L’association attaque le député socialiste en justice pour atteinte à la personnalité. Neuf commentaires publiés sur LinkedIn - entre novembre 2024 et novembre 2025 - sont avancés, tout comme une lettre ouverte publiée dans la Julie.

Dans cette dernière, il est notamment écrit: «Au moment où de nombreuses voix juives s’expriment pour dénoncer le génocide en cours […] le secrétaire général de la Cicad, lui, poursuit une logique de dénigrement systématique des groupes et mouvements engagés pour le respect des droits humains.»

Pour l’organisation, le député va trop loin: «Il était nécessaire à un moment donné que face à la multiplication des attaques qui étaient encore une fois calomnieuses, illicites, inacceptables et qui portent atteinte à la personnalité de la CICAD ou de moi-même, de rappeler qu'effectivement la loi n’autorise pas ce genre de comportement», commente le secrétaire général, Johanne Gurfinkiel.

«Je n'ai jamais été violent, je n'ai jamais été agressif»

La Cicad nie également les accusations de l’élu: «Notre action se limite effectivement à l'univers suisse. Aucun exemple ne permet d'attester que nous essayons de museler qui que ce soit dans leur combat politique. Et je pense qu'il faut garder en tête que tout cela a des conséquences réelles.» Elle demande la suppression des posts et 4'000 francs pour tort moral.

De son côté, Sylvain Thévoz assume ses reproches et se dit dans son droit: «J'exerce mon mandat de député socialiste, dans une opposition sur un enjeu public qui est la question de la colonisation et du génocide à Gaza. Et puis sur le rôle de la Cicad à Genève, notamment son rôle dans les écoles. Moi, je n'ai jamais été violent, je n'ai jamais été agressif. Je défends le débat public, la liberté d'expression. Donc cette plainte, elle est quand même une surprise, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité.»

L’élu se dit dans le viseur de la Cicad, après la signature d’une tribune en 2024: «Elle me reproche probablement de m'être exprimé très clairement dès 2024 sur le génocide en Israël.» Il y a un an, deux communautés juives avaient appelé le PS à faire cesser les critiques de l'élu contre la CICAD. Le parti avait alors prôné le dialogue.