Genève

La FER fustige le silence du Conseil d'Etat au sujet du G7

22.04.2026 17h11 Gilles MIELOT

redac

À un peu moins de deux mois du G7 à Évian, la Fédération des entreprises romandes hausse le ton. La faitière des entreprises dénonce le silence des autorités après l’inquiétude déjà formulée le 24 mars dernier. Les milieux économiques sont inquiets face aux risques de débordements en marge de l’événement et fustigent une absence de mesures concrètes. 

La fédération des entreprises romandes se refait une beauté, des échafaudages qui ressemblent à des barricades, tout un symbole à moins de deux mois du G7. Le grand raout des puissants de ce monde ne manquera pas de fédérer la colère de manifestants comme en 2003. La crainte de débordements, une absence de plans, et surtout le silence des autorités inquiète et agace la faitière des entreprises à l'image de son directeur, Arnaud Bürgin «Il n'est pas acceptable, quand on représente les employés du canton à travers 31 associations économiques, que lorsqu'on sollicite le gouvernement de ne pas avoir de réponse». 

La FER demande notamment l’interdiction de toute manifestation durant la période en juin, un mécanisme adéquat pour protéger les entreprises et un processus d’indemnisation rapide et efficace.

Du côté des commerçants, beaucoup ont déjà fait des devis pour protéger leurs vitrines, mais ne savent pas s’ils pourront compter sur une éventuelle indemnisation alors que la plupart des contrats d’assurances ne prévoient rien en cas d’émeutes. « Ils ont des devis, ce sont des sommes astronomiques, ceux qui peuvent se le permettre veulent savoir s'ils doivent se barricader et si un fonds, des indemnisations, sont prévues pour les gens qui se verraient casser leur magasin » indique la secrétaire générale de Genève Commerces, Flore Teysseire.

Une carte militante qui cible les entreprises genevoises est toujours en ligne. Elle indigne et renforce les inquiétudes. « Sur ce site il y a des indications pour les futurs manifestants à Genève, il y a une forme d'impunité d'un côté alors que la France a interdit les manifestations sur son sol » complète Arnaud Bürgin.

Le Conseil d’Etat n’a toujours pas répondu aux principaux concernés et snobe la presse. La seule décision connue formelle et connue à ce jour, c’est l’interdiction des drones durant 10 jours en juin. 

Le Conseil d'Etat nous a répondu en fin de journée par mail : 

Le Conseil d’État suit de près l’organisation par la France du sommet du G7 qui se tiendra à Évian-les-Bains en juin 2026.

Conscient des enjeux sécuritaires et des répercussions possibles pour la région, le canton est pleinement mobilisé et en coordination avec ses partenaires, notamment les autorités françaises, depuis plusieurs mois.

Nous comprenons les inquiétudes exprimées. Nous travaillons activement à y répondre, avec un objectif clair : garantir la sécurité de la population. Dans ce cadre, nous allons bien sûr prendre contact avec la FER afin de permettre un échange approfondi sur ces enjeux.

À ce stade, certaines informations restent encore incomplètes. Néanmoins, des perturbations sont attendues, en particulier sur les axes routiers et aux points de passage frontaliers, avec un pic d’intensité durant les journées précédant, accompagnant et suivant le sommet, du 15 au 17 juin.

S’agissant des manifestations annoncées (aucune décision n’a encore été prise, y compris pour celle du 14 juin), le Conseil d’État rappelle son attachement aux libertés fondamentales et au respect de l’État de droit. Toute décision sera prise sur la base d’une évaluation rigoureuse et actualisée des risques.

Le canton assure un suivi continu de la situation sécuritaire avec ses partenaires et se tient prêt à adapter ses mesures en fonction de son évolution.

Des échanges avec les entreprises et les acteurs concernés seront également organisés afin de garantir une information claire et coordonnée.

Le Conseil d’État réaffirme son engagement à assurer la sécurité de la population tout en limitant autant que possible les impacts de cet événement international majeur sur la vie quotidienne à Genève.