La Peccadille retrouve la rade, mais son sauvetage n’est pas terminé
Après presque 10 ans d’absence, la Peccadille a retrouvé sa place dans la rade de Genève. Sauvé de justesse par une association de passionnés, ce bateau historique doit encore terminer sa restauration avant de pouvoir naviguer à nouveau, dès l’été prochain, espèrent ses défenseurs.
Même sous ses bâches, sa silhouette ne passe pas inaperçue. Avec sa longue coque blanche et dorée et son imposante cheminée, la Peccadille a retrouvé les abords du Jet d’eau à la mi-octobre. Un retour attendu depuis 2017, année où ce bateau plus que centenaire avait quitté Genève dans un état préoccupant. « C’est le retour d’un morceau de patrimoine genevois qui était normalement voué à disparaître », se réjouit Richard Hoffmann, vice-président de l’association qui œuvre à sa sauvegarde.
Construite en 1897 sur le modèle d’un torpilleur, la Peccadille était autrefois l’un des bateaux les plus rapides du Léman. Elle avait même décroché le record de vitesse de traversée du lac, devant le yacht à vapeur de la baronne de Rothschild.
Mais plus d’un siècle plus tard, son entretien était devenu trop coûteux. Pour la sauver, l’association l'avait racheté 1 franc symbolique et entamé une fastidueuse recherche de fonds. Avec plus de 400’000 francs de dons, elle a pu restaurer la coque, le moteur, le pont et la cabine, cette dernière avec l’aide des apprentis du CFPC Bois.
Encore 60’000 francs pour reprendre le large
Malgré ces neuf années de travaux, le chantier n’est pas terminé. « Il nous manque encore toute la partie électrique [...], les aménagements intérieurs, tous les matériels de sécurité », détaille Richard Hoffmann. L’association en appelle à la générosité des amis du lac, de Genève et du patrimoine, via ce site internet: www.peccadille.ch
Objectif, réunir les 60’000 francs nécessaires pour permettre au bateau de naviguer à nouveau dès l’été 2027. L'objectif est notamment de proposer gratuitement des sorties sur le lac aux jeunes et aux seniors.
La Peccadille peut déjà compter sur deux soutiens de marque : Alain Morisod, son parrain, et la baronne Nadine de Rothschild, sa nouvelle marraine. Un joli clin d'œil aux rivalités nautiques d'autrefois. Reste à lui trouver un port d’attache définitif. Des discussions sont en cours pour l’amarrer à proximité du Bateau Genève et de la Neptune, afin de réunir trois témoins de l’histoire du Léman au cœur de la rade.