La fête fédérale de lutte mord la poussière à Genève
Des lutteurs sur la Plaine de Plainpalais, c’est non. Après des mois de discussions entre le comité de candidature, le canton et le Conseil administratif de la Ville, ce dernier a finalement refusé de soutenir le projet.
Essayé, pas pu. Genève n’accueillera pas les lutteurs à l’été 2031 pour la fête fédérale de lutte suisse, cet événement si typiquement suisse. Après des mois de discussions et de tentatives de persuasion, la Ville a mis son véto. Le Conseil administratif l’a écrit au Conseil d’État le 17 juin, a appris Léman Bleu.
Voici pourquoi: «Monter et installer une arène de 45'000 places sur la Plaine, soit une fois et demie la capacité du Stade de Genève, avec des tribunes dépassant les 20 mètres, sans parler des nombreux bars prévus, génèrerait des flux de personnes qui ne pourraient pas être absorbés sur ce site», explique Cédric Waelti, responsable de la communication au Département de la sécurité et des sports de la Ville. La Ville suggérait de déplacer ce stade en périphérie et de faire un village à Plainpalais. Une version qui n’aurait aucune chance de passer la rampe lors du concours. Selon les organisateurs en effet, le seul atout de Genève face à Neuchâtel et au Valais, également sur les rangs, était une candidature urbaine, totalement inédite. La Ville avait aussi proposé de revoir drastiquement la capacité de l’arène. Impossible, car la manifestation n’aurait plus été autofinancée.
«Je suis triste, déçu. On avait un super projet, l'occasion de faire quelque chose d'unique en Suisse»
Président du comité de candidature, de l’association cantonale de lutte suisse et du Club de lutte suisse de Carouge, Vincent Heiniger est désappointé: «Je suis triste, déçu. On avait un super projet, l'occasion de faire quelque chose d'unique en Suisse. Ça ne sert à rien si on ne peut pas présenter le dossier avec la Plaine de Plainpalais, qui est l'unique moyen de gagner. On ne le présentera pas et on s'arrêtera là.»
Le comité de candidature avait pourtant un soutien de poids: le Conseil d’État, favorable. Dernièrement, le gouvernement a encore demandé au Conseil administratif de réévaluer sa position, par lettre. «Je crois que le Conseil d'État a fait tout ce qu'il pouvait, réagit Pierre Maudet, à l’origine de l’idée mais suivi par le collège. Il a créé les conditions pour que le comité de candidature puisse se réunir et travailler. Il a mis à disposition ses ressources. Les entités, comme les TPG, Genève Tourisme, ont mouillé le maillot. On a reçu le groupe d’experts avec la Ville, au mois d'octobre.» Des efforts qui n’auront servi à rien: «À la fin, la Ville prend sa décision souveraine. C'est son territoire. Ce serait, à mon avis, déplorable en termes d'image et extrêmement regrettable qu'on n'essaye pas au moins, de déposer la candidature. Ce n’est même pas sûr qu'on l'obtienne à la fin. Je pense que le signal ne serait pas bon. Donc j'espère que la Ville va réussir à se convaincre elle-même.»
Une délégation de lutteurs suisses a même fait le déplacement à Genève pour tenter de persuader la magistrate, Marie Barbey-Chapuis. Selon nos informations, deux conseillers administratifs seraient favorables, ce qui ne fait pas une majorité. À moins d’un sursaut du Conseil administratif demain, lors de sa dernière séance avant l’été, Genève ne connaîtra pas les affrontements entre colosses, le temps d’un week-end.