Déclaré à tort en échec: un apprenti victime d'une erreur de l'école
Un jeune Carougeois a cru avoir raté ses examens d’apprentissage. Mais c’est le DIP qui s’est trompé. Cette erreur n’est pas la première du genre. En cause: un système de transmission numérique obsolète.
Mardi 23 juin, un appel téléphonique vient doucher les espoirs de Luca Barthassat, apprenti dessinateur en construction au Centre de formation professionnelle construction (CFPC) au Petit-Lancy. On lui annonce qu’il n’a pas obtenu son CFC. «J'ai mis beaucoup d'énergie dans cette formation, donc je me sentais très mal, raconte Luca. Même au niveau du regard des autres, au niveau de mon bureau, ils étaient déçus. J'ai de la chance, j'ai des parents qui me soutiennent, mais quand j’ai dû les appeler, c'était vraiment difficile et je ne me sentais vraiment pas bien. J'ai passé une journée très difficile.»
«Si je n'avais pas posé la question, ils n’auraient pas vu l’omission de ma note»
Luca ne le sait pas encore, mais en réalité, il a réussi ses examens. Une note a tout bonnement été omise dans le calcul de sa moyenne. Le chef expert pour le CFC décèle cette information cruciale le lendemain, lors d’une rencontre avec le jeune homme pour discuter de son avenir. Il appelle l’école ainsi que l’Office pour l'orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC). «C’est en posant la question qu'ils ont vu qu'il y avait une erreur, poursuit Luca. Donc, si je n'avais pas posé la question, ils n’auraient pas vu l’omission de ma note de culture générale. Si on n’avait pas identifié l’erreur, je n'aurais pas pu fêter avec mes amis, ni profiter de la remise de diplôme. J'aurais passé plusieurs jours dans ma chambre, triste, à ruminer.»
Cette situation ne laisse pas la conseillère d’État Anne Hiltpold indifférente: «On présente nos excuses, parce que pour un jeune, apprendre qu'il a raté alors qu'en fait il a réussi, c'est très difficile à entendre». Or cette histoire n’est pas simplement un hasard malheureux. Car ce cas individuel révèle un problème structurel. Le système de transmission des données, archaïque, peut générer des erreurs, ce que la conseillère d’État admet: «On a identifié qu'on travaille sur des tableaux Excel et que l'erreur est humaine parce qu'on transmet des informations. Il y a plusieurs personnes qui travaillent sur ces documents et c'est ça l'erreur qui a été identifiée. On attend avec beaucoup d'impatience un nouveau système d'information qui nous permettra de limiter au maximum ces erreurs.»
Huit erreurs du même type l'année dernière
Le Département de l'instruction publique (DIP) veut corriger le tir. Un nouveau système de transformation des services numériques de gestion scolaire et d'apprentissage est en cours de réalisation, mais il tarde. Il doit notamment permettre aux différents acteurs institutionnels entre qui circulent les données sur les élèves d’avoir accès au même niveau d’information.
Si l’erreur qu’a subie Luca est la seule qui soit remontée aux oreilles de la conseillère d’État cette année, ce ne sont pas moins de huit erreurs qui ont été recensées l'année dernière, sur 3000 examens, indique la conseillère d'État. Une situation qui ne saurait perdurer.