Genève

La loi climat s'embourbe au Grand Conseil

04.09.2026 18h30 Rédaction

Loi climat

Un nouveau rebondissement retarde l’examen de la loi climat au Grand Conseil. Alors que les députés devaient se pencher sur le texte hier soir, les Verts ont finalement renoncé à demander l’urgence. En cause : un amendement général du Centre qui remanie en profondeur le projet et suscite de fortes réserves chez les écologistes. Débat entre la Verte Louise Trottet et le Centriste Jacques Blondin.

Le vote devra attendre. Après quatre ans de discussions, la loi climat cantonale n’a finalement pas été débattue hier soir au Grand Conseil. Les Verts ont choisi de ne pas demander l’urgence, préférant renvoyer le texte à l’ordre du jour. Au cœur du désaccord : un amendement général déposé par le Centre. Un texte qui ne se contente pas de modifier quelques dispositions, mais qui propose de revoir largement le projet de loi.

Pour la cheffe de groupe des Verts, Louise Trottet, la méthode comme certains éléments du contenu posent problème. «Un amendement général, ça veut dire que ce n’est pas juste des petites corrections, c’est quasiment un projet de loi à part entière», estime-t-elle.

L’élue écologiste pointe notamment une disposition prévoyant de confier le pilotage de la loi climat au Département des finances. Une proposition qu’il juge particulièrement difficile à comprendre : «Personne n’a compris. Et donc, évidemment, que ça jette un peu d’inquiétude, un peu de méfiance.»

Le Centre veut relancer le projet

Face aux critiques, Jacques Blondin défend la démarche du Centre. Selon le chef de groupe, l’objectif n’était pas de faire adopter l’amendement tel quel, mais de remettre le projet sur les rails après quatre années de discussions infructueuses. «Plutôt que de rejeter cette loi après quatre ans de travail, on propose un amendement général», explique-t-il.

Le Centre estime que la version actuelle du texte est trop détaillée et mélange des principes généraux avec des mesures très précises. L’élu cite notamment des dispositions concernant la hauteur des arbres ou la distance par rapport aux murs. L’amendement doit donc, selon lui, servir de nouvelle base de discussion en commission. «On n’a pas la prétention d’avoir à nous tous seuls la science infuse et de dicter un texte pour tout le Parlement», assure Jacques Blondin.

La mobilité douce au cœur des divergences

Sur le fond, les deux camps ne s’opposent pourtant pas sur l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Le désaccord porte davantage sur les moyens d’y parvenir. Louise Trottet s’inquiète notamment de la disparition d’une grande partie du volet consacré à la mobilité douce dans le nouvel amendement. «Avec les bâtiments, c’est un des deux premiers postes d’émissions de gaz à effet de serre du canton», rappelle-t-elle.

Pour les Verts, difficile dès lors d’atteindre les objectifs climatiques sans agir davantage sur les déplacements. «La mobilité douce fait partie de la solution aujourd’hui aux problèmes climatiques, insiste Louise Trottet.

Jacques Blondin défend de son côté une approche plus générale, dans laquelle les sept départements de l’État seraient appelés à travailler conjointement sur les objectifs climatiques.

Une nouvelle discussion en septembre

Malgré leurs divergences, les deux chefs de groupe se rejoignent sur un point : le texte doit avancer. Les Verts se disent prêts à travailler à nouveau en commission, tout en demandant davantage de transparence dans les discussions. «Il reste beaucoup de problèmes dans cet amendement », estime Louise Trottet. Mais les écologistes espèrent pouvoir «se remettre un peu plus d’accord de manière plus transparente» dans les prochaines semaines.

Le Centre, lui, souhaite représenter son amendement lors de la prochaine session et obtenir son renvoi en commission. Jacques Blondin espère cette fois parvenir à un compromis, avec des mesures «claires, ciblées, chiffrées».

Le débat pourrait donc reprendre dès le mois prochain. Avec un objectif partagé par les deux camps : éviter que quatre années de discussions supplémentaires ne débouchent une nouvelle fois sur une impasse.