La mobilisation des habitants suspend l'abattage d'un arbre aux Pâquis
Un rassemblement d'habitants a empêché ce mardi l'abattage d'un paulownia à la rue Royaume, aux Pâquis. Les riverains dénoncent la disparition du seul arbre du secteur, tandis que les autorités estiment qu'il est trop affaibli pour être conservé. L'intervention a finalement été reportée.
Le sujet est sensible dans un quartier où chaque arbre compte. Ce mardi matin, une camionnette de paysagiste s'est présentée dans la cour du 1, rue Royaume pour abattre un grand paulownia. Les habitants se sont immédiatement mobilisés pour empêcher l'intervention.
«On ne veut pas d'abattage! On habite ici, on travaille ici, il faut nous entendre», lance un riverain.
Pour les locataires, supprimer cet arbre reviendrait à priver le quartier de son principal îlot de fraîcheur.
«Ce sont de vieux immeubles mal isolés. Vous voulez enlever notre seule source d'ombre, de rafraîchissement et de renouvellement de l'air», déplore une autre habitante.
Les autorités invoquent l'état sanitaire de l'arbre
Face aux manifestants, un représentant de l'Office cantonal de l'agriculture et de la nature (OCAN) défend la décision d'abattage.
Selon lui, le paulownia est aujourd'hui trop fragilisé pour être maintenu.
«Vous avez aujourd'hui un arbre passablement affaibli. Notre travail consiste aussi à déterminer jusqu'à quel moment des mesures de conservation sont pertinentes et à partir de quand il faut envisager la suite» explique Yves Kazemi, Directeur à la direction arborisation et renaturation urbaine du Département du Territoire (DT).
Les explications ne convainquent pas les riverains. Les échanges deviennent rapidement houleux.
«Votre responsabilité est de défendre les arbres. Aujourd'hui, ce que vous faites est criminel», lance un participant au rassemblement.
Les habitants dénoncent un manque d'information
À l'origine de la mobilisation, l'association SOS Patrimoine estime que les autorités répondent avant tout à la demande du propriétaire, sans prendre en compte la population.
«Ils répondent à une demande d'abattage, pas à l'urgence climatique ni aux besoins des habitants du quartier» fustige Miguel Buono, membre du comité de l'association SOS Patrimoine.
L'autorisation d'abattage avait pourtant été publiée dans la Feuille d'avis officielle, ouvrant un délai de 30 jours pour déposer un recours.
«Si des personnes s'étaient exprimées, cela aurait permis à la justice de se prononcer sur ce point», rappelle le représentant de l'OCAN.
Les habitants regrettent toutefois de ne jamais avoir été informés directement.
«Les locataires n'ont pas été avertis. C'est le seul arbre de la rue Royaume, le seul dans un large périmètre. Aux Pâquis, tout est très minéral. Cet arbre apporte de la fraîcheur et du renouvellement de l'air. C'est cela qui nous pose problème» regrette une habitante de l’immeuble jouxtant l’arbre.
Un sursis pour le paulownia
Au cours de la matinée, Yves Kazemi a pris contact avec l'architecte responsable du dossier:
«Je lui ai transmis les deux demandes: qu'on puisse surseoir à l'abattage et qu'on ne fasse pas l’abattage» rapporte le représentant de la Direction de l'arborisation et de la renaturation urbaine.
La camionnette du paysagiste quitte finalement les lieux sans intervenir. Le paulownia restera debout, au moins pour le moment puisqu'en fin de journée, les copropriétaires ont décidé de surseoir à la coupe du végétal, afin de pouvoir envisager les différentes solutions en concertation avec les habitants.