La polémique enfle autour de l'agenda de la CUAE
La polémique enfle autour de l’agenda annuel du syndicat étudiant de l’Université de Genève. Le carnet de la CUAE contient plusieurs mentions propalestiniennes. Le rectorat de l’UNIGE a décidé d’interdire sa distribution. À Genève, plusieurs voix condamnent l’association et demandent des sanctions comme le retrait de toute subvention à la CUAE. Le Rectorat temporise mais n’écarte aucune piste.
L’agenda de la discorde. Le carnet annuel de la CUAE destiné aux étudiants de l’Université de Genève suscite la stupéfaction. En cause deux allusions pro-palestiniennes. L'une reprend le slogan contesté «From the river to the sea», la seconde commémore l'anniversaire du triple détournement d'avion par le front populaire de libération de la Palestine.
Pour l'ancien bâtonnier Lionel Halpérin, ces deux mentions sont problématiques. Il demande des sanctions: «On ne peut plus imaginer qu'il y ait un centime de subvention publique qui aille envers cette association. Je ne peux pas imaginer que nos impôts, respectivement les taxes payées par nos étudiants, servent à faire l'apologie du terrorisme».
«Faire référence à cela de cette manière, c'est faire l'apologie du terrorisme»
Selon les informations du média Watson, la CUAE a bénéficié d’une subvention pour l’édition de l’agenda de plus de CHF 30 000. Dans les colonnes du média en ligne, La situation fait réagir. Un professeur honoraire de l’Université de Genève s'est adressé par écrit à la rectrice de l’UNIGE. Un courrier relayé anonymement dans un article de Watson. Le Professure affirme que la condamnation des messages figurant dans l’agenda de la CUAE par le Rectorat, aussi ferme soit-elle, ne suffit plus dans les circonstances présentes.
Le Rectorat rappelle n’avoir aucune main mise sur l’élaboration de cet agenda. Cette responsabilité émane de la commission indépendante de gestion des taxes fixes avec qui l’Université garantit être en contact. Des sanctions envers la CUAE sont possibles, mais l’heure est à la discussion. «On va voir ce qui va se passer petit à petit et nous prendrons des décisions. Tout est sur la table, nous sommes en discussions intenses. Il n'y a pas de décision, tout est possible», explique le vice-recteur en charge du dicastère du vivre-ensemble Édouard Gentaz.
De son côté, le syndicat étudiant CUAE crie à la censure. L’association étudiante tiendra une conférence de presse mardi pour annoncer les actions qu’elle compte prendre.