La réforme du Collège signe la fin de la maturité à la carte
Anne Hiltpold veut renforcer le français et les maths et donner plus de place aux sciences, aux arts et aux langues. Elle revoit à la baisse la dotation des options spécifiques. Entrée en vigueur à la rentrée 2027.
Genève devait réformer son Collège pour se conformer à une ordonnance fédérale, le modèle actuel datant de 1995. C’est chose faite. Pas de changement majeur mais de petites évolutions, pour répondre à une nouvelle manière d'entrevoir le cursus gymnasial: «Le modèle continue à garder un très grand nombre de disciplines et donc de savoirs fondamentaux, mais on rajoute dans l'incarnation cantonale des domaines transversaux, indique Jean-Marie Delley, chef de projet pour la réforme de la maturité gymnasiale (matu2023.ge). Il ne suffit plus aujourd'hui d'apprendre des savoirs dans des disciplines compartimentées les unes des autres, mais de chercher aussi à établir les liens qu'il y a entre ces disciplines pour, avec les connaissances acquises, être capable de développer les compétences qui permettent de s'adapter dans le monde d'aujourd'hui et celui de demain. C'est ce qui paraît le plus important et le plus nécessaire pour nos élèves.»
La philosophie et l'histoire sont sauvées
Dans les grandes lignes, le projet de Anne Hiltpold renforce les compétences de base en français et en maths. Un soutien est prévu pour les élèves en difficulté. Les sciences et les arts prennent aussi plus de place. Tout comme les langues nationales (niveau B2 au minimum).
Les options spécifiques en revanche auront droit à moins d’heures qu’actuellement et leur choix n’interviendra qu’en deuxième année. Cette offre sera mieux répartie dans le canton.
La philosophie et l’histoire, menacées lors des premières discussions, sortent indemnes de la réforme, contrairement à la géographie. Deux nouvelles disciplines fondamentales font leur apparition: économie-droit et informatique. Anne Hiltpold veut aussi introduire des thématiques transversales, comme la durabilité, la citoyenneté, le numérique.
Ces arbitrages ont pour conséquence de faire passer la grille horaire de 131 heures hebdomadaires sur quatre ans à 134.
«On demande plus de temps pour réfléchir au plan d'études, pour réfléchir à la mise en place»
Sur le fond du projet, les syndicats ne montent pas aux barricades: «On ne peut pas aller contre la réforme puisqu'il y a une ordonnance fédérale qui l’exige, réagit Émilie Wieland, du syndicat enseignant (Union). Par contre, ce qu'on demande, c'est d'avoir plus de temps pour réfléchir au plan d'études, pour réfléchir à la mise en place et pour éviter d'aller trop vite vis-à-vis de la mise en conformité par rapport aux nouvelles exigences. Il faut que les enseignants puissent s'approprier les contenus et les nouvelles façons d'enseigner qui vont être exigées par le département.»
Il y a un mois, le personnel du Collège de Genève demandait un moratoire sur la réforme, évoquant un «processus précipité» et une «grille horaire problématique». Une revendication qui intervient aussi dans un contexte de pression budgétaire. Mais à moins d’un séisme politique, la réforme entrera en vigueur à la rentrée 2027.