Le Conseil d'Etat met le paquet pour la santé mentale des jeunes
Le Conseil d’Etat veut s’attaquer le plus tôt possible aux problèmes de santé mentale chez les jeunes. Mutualisation des moyens entre les HUG et l’OMP, détection plus précoce en milieu scolaire, et suivi personnalisé. Un enjeu en termes de santé et de coût alors que près de 20% des 15-34 ans présentent des symptômes dépressifs.
Un quart des personnes interrogées à Genève font état d’une détresse psychologique selon les chiffres du Conseil d’Etat. 20,6% des 15-34 ans présentent des symptômes dépressifs. Un constat qui a une conséquence concrète sur les coûts de la santé.
Entre 2008 et 2024, le nombre de rentes à l’assurance-invalidité a augmenté de 80% chez les jeunes contre 6% pour la population. Pour le Profeseur Panteleimon Giannakopoulos, directeur général de l'Office cantonal de la santé, le Covid n'est pas seul en cause. « La perception de la société par les jeunes a radicalement changé, le rapport avec le travail, avec les idéologies, et en terme d'espoir, les fondamentaux deviennent plus fragiles » dit-il.
Face à ce constat, le Conseil d’Etat propose un nouveau dispositif. Une détection précoce au sein du milieu scolaire, complémentarité entre l’OMP et les HUG pour une meilleure coordination, un parcours de soin linéaire et mieux encadré. « On doit faire en sorte que le patient ne devienne pas patient, qu'il puisse suivre l'école normalement et qu'il ne dévisse pas » explique Pierre Maudet, conseiller d'Etat en charge de la santé.
Le rôle de l’Office médico-pédagogique sera renforcé dans les écoles primaires. Détection, évaluation et interventions thérapeutiques puis une orientation vers les HUG si nécessaire. L’hôpital disposera d’un dispositif ambulatoire de crise pour les enfants et les préadolescents. « Ce projet va assurer une continuité de soins cohérents pour les jeunes patients, de l'école jusqu'aux consultations ambulatoires, et l'hospitalisation si nécessaire et faire en sorte que l'enfant puisse retourner à sa vie normale après, sans devoir recommencer à zéro » détaille le directeur général des HUG, Robert Mardini.
Un projet chiffré à environ 20 millions qui devrait déployer ses effets dès l’été prochain à condition qu’il soit validé par le Grand Conseil lors des prochains débats budgétaires. Pas de budget, pas de projet, verdict mi-décembre.