Genève

Le Conseil fédéral fixe les grandes lignes du sommet sur l'IA 2027

12.08.2026 15h00

Le Conseil fédéral fixe les grandes lignes du sommet sur l'IA 2027

Le dernier sommet sur l'IA a eu lieu en février à New Delhi, en Inde (archives).

Photo: KEYSTONE/EPA/RAJAT GUPTA

Le Conseil fédéral a fixé mercredi les grandes lignes du sommet sur l'intelligence artificielle (IA) que la Suisse accueillera les 21 et 22 juin 2027 à Genève. L'événement devrait coûter quelque six millions de francs. L'ancienne directrice du CERN Fabiola Gianotti a été désignée comme déléguée.

L'IA est "une des évolutions majeures de notre époque", a estimé le ministre des télécommunications Albert Rösti devant les médias à Berne. Elle est utilisée dans la recherche, l'industrie ou encore l'administration.

Pour Mme Gianotti, "l'IA permet des opportunités et des perspectives immenses et sans précédent, en matière d'innovation, de développement et de progrès. Toutefois, cette révolution technologique nous impose également une grande responsabilité collective". Son développement et son utilisation doivent se faire "de manière éthique, responsable, durable et inclusive, sinon il ne s'agit pas de véritables progrès".

"Honneur pour la Suisse"

Le conseiller fédéral a parlé d'"honneur pour la Suisse" d'accueillir ce sommet. Le pays pourra mettre en avant ses atouts économiques ainsi que son pôle d'innovation et de recherche. Il pourra aussi mettre à profit son expérience en tant que médiateur et hôte des organisations internationales.

Utilisation de l'IA comme moteur de l'innovation, du bien-être et du progrès social, ainsi que développement et usage fiables et responsables: ces deux priorités seront au centre du sommet, sous la devise "Bridging Innovation and Trust" (Jeter un pont entre innovation et confiance), a décidé le gouvernement.

Ce sommet international de haut rang réunira des gouvernements, des organisations internationales, les milieux scientifiques, l’économie et la société civile. Il vise à mettre en place des partenariats concrets, des initiatives et des approches communes qui aient un impact au-delà du sommet.

Organiser cet événement en moins d'un an ne sera pas simple, a estimé M. Rösti. Les travaux sont en cours au sein du Département fédéral de la communication (DETEC), de celui des affaires étrangères (DFAE) et du Secrétariat d'Etat à l'économie notamment. Ils sont placés sous la direction générale de Fabiola Gianotti, chargée de mettre en oeuvre les objectifs fixés.

Des règles, mais pas trop strictes

Directrice générale du CERN de 2016 à 2025, Mme Gianotti "dispose d'une vaste expérience en direction d’une institution scientifique internationale complexe. Elle possède également un excellent réseau international", selon le Conseil fédéral.

Albert Rösti a salué sa capacité, de par son expérience, à rassembler les Etats, les institutions scientifiques, les organisations internationales et d'autres partenaires autour d'un même objectif. Pour Fabiola Gianotti, il ne s'agit pas seulement d'un sommet, mais aussi d'un projet stratégique sur le plus long terme, qui nécessitera un suivi.

Elle a estimé qu'il faudra des règles pour réguler l'IA, mais pas trop strictes, car il ne faut pas empêcher son développement, "très utile pour l'humanité". Il s'agira de placer le curseur au bon endroit. Mais il est encore trop tôt pour se prononcer à ce sujet, il convient d'abord de voir quel poids donner aux différents enjeux.

Questionnés sur l'inclusion des géants technologiques américains ou chinois et le positionnement de ces derniers face à la souveraineté étatique, autant M. Rösti que Mme Gianotti espèrent montrer, avec le sommet, l'importance de créer de la confiance autour de l'IA.

Le ministre a rappelé la réglementation des plateformes électroniques, en cours d'élaboration au sein de la Confédération, que devront respecter toutes les entreprises, "peu importe leur taille et d'où elles viennent".

Six millions de francs

Les coûts prévus se situent actuellement à près de six millions de francs. Le parrainage et autres contributions financières ne devront avoir aucune influence sur l'orientation stratégique, l'ordre du jour officiel ou les résultats politiques du sommet.

Les coûts serviront surtout à mettre en oeuvre des mesures de sécurité, a précisé M. Rösti. Le DETEC et le DFAE en couvriront la moitié, avec la participation aussi de partenaires privés. Les infrastructures de la Genève internationale permettront également de réduire les frais.