Genève

Le Nutri-Score à Genève n'a pas dit son dernier mot

08.09.2025 19h15 Rédaction

guinchard

Une pétition forte de 7'650 signatures a été déposée pour rendre le Nutri-Score obligatoire en Suisse. Jean-Marc Guinchard, député centriste et président de Diabète Genève, défend cet outil de santé publique.

Le Nutri-Score, ce pictogramme simple qui va du vert au rouge (de A à E), autrement dit de l’aliment sain au gras, sucrés ou transformé a récemment fait parler de lui. En 2024, la Migros a abandonné son utilisation ce qui a provoqué le tollé chez des centaines de professionnels de la santé. Aujourd’hui, une pétition est déposée avec l’objectif de changer le paradigme autour de l’outil.

L’affichage du Nutri-Score permet «d’éviter les problèmes cardiovasculaires, l’obésité et le diabète, de plus en plus fréquents chez les jeunes», rappelle Jean-Marc Guinchard.

L’ancien président du Grand Conseil reconnaît toutefois que le Nutri-Score n’est «pas un remède miracle», mais souligne son efficacité pédagogique: «On voit tout de suite vert, jaune, rouge. Alors que pour comprendre certaines étiquettes, il faudrait se faire accompagner d’un chimiste ou d’une diététicienne».

«Il est temps que la Suisse suive»

Les critiques existent: certaines charcuteries artisanales se retrouvent dans le rouge, quand des produits transformés affichent du vert. Jean-Marc Guinchard précise que son projet exclut justement les artisans locaux: «La bonne charcuterie, les brioches ou les pâtisseries ne seraient pas concernées. Imposer le Nutri-Score au boulanger n’a pas de sens».

«Le Nutri-Score est déjà obligatoire dans 11 pays européens, dont la France. Il est temps que la Suisse suive», insiste Jean-Marc Guinchard.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: «En Suisse, 43% des personnes sont en surpoids ou obèses. Dans 25 ans, on arrivera facilement à 60%. Cela entraîne des maladies cardiovasculaires et du diabète. L’alimentation, c’est la moitié du chemin, voire plus, quand on veut rester en bonne santé», résume le président de Diabète Genève.

Le député espère que Genève, Vaud et Fribourg puissent servir de cantons pilotes. Reste à convaincre face aux opposants, qui redoutent une surcharge administrative pour les producteurs et l’éternel risque de voir les consommateurs faire leurs courses en France voisine.