Genève

Le comité d'initiative sur la neutralité suisse lance sa campagne

15.07.2026 17h46 Rédaction

samuel sommaruga

Le comité de l’initiative «Sauvegarder la neutralité suisse» lance sa campagne. Son président Samuel Sommaruga dénonce un manque de lisibilité dans la neutralité suisse. Il milite pour une définition plus claire qui renforcerait le rôle diplomatique du pays.

Pour Samuel Sommaruga, la neutralité suisse manque de clarté et stabilité. Le président du comité d’initiative estime que la définition actuelle est trop «flexible» et conduit progressivement le pays à «un alignement sur les blocs», notamment sur l’OTAN, les États-Unis ou l’Union européenne.

Par le passé, certaines décisions de la Confédération ont été «choquantes». Samuel Sommaruga cite en particulier la reprise des sanctions européennes contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine. «Le vendredi, le Conseil fédéral disait qu’il n’y aurait pas de sanctions. Et puis le lundi ou le mardi, les sanctions de l’Union européenne ont été reprises», rappelle-t-il. À ses yeux, cet épisode illustre «une influence externe sur notre politique étrangère» et «une perte d’indépendance et d’autonomie».

Préserver les bons offices de la Suisse

L’initiative prévoit que la Suisse ne participe plus à des mesures coercitives prises en dehors de l’Organisation des Nations unies. Les sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU resteraient possibles. Samuel Sommaruga assure toutefois que la Suisse ne pourrait pas servir à contourner les mesures internationales. «La Suisse ne peut pas devenir une plaque tournante pour éviter les sanctions», souligne-t-il.

Le président du comité genevois estime qu’une neutralité stricte permettrait à la Suisse de conserver son rôle de médiatrice, notamment dans un contexte marqué par la guerre en Europe et les conflits au Proche-Orient.

«Une place comme la Suisse devient précieuse quand elle est neutre», défend Samuel Sommaruga. Le pays pourrait ainsi rester «l’un des derniers acteurs à préserver le dialogue» et continuer à jouer un rôle au service de la paix.

La crédibilité internationale de la Suisse s’est déjà affaiblie, juge-t-il, évoquant une «perte de vitesse» de sa réputation au Moyen-Orient et en Asie.

Quid de la coopération militaire?

L’initiative ne mettrait pas fin à toute coopération militaire, estime Samuel Sommaruga. En cas d’attaque directe ou imminente, la Suisse conserverait la possibilité de collaborer avec d’autres États pour assurer sa défense.

Il considère même qu’une neutralité «forte, claire et stable» constitue une garantie de sécurité, puisqu’elle éviterait que la Suisse soit entraînée dans l’affrontement entre deux blocs.

«Une clarification», pas une rigidification

Les opposants reprochent au texte de vouloir inscrire une conception trop rigide de la neutralité dans la Constitution. Samuel Sommaruga assume cette volonté de fixer un cadre durable.

«Ce n’est pas une rigidification, c’est vraiment une clarification de la neutralité», insiste-t-il. Une définition constitutionnelle rendrait, selon lui, l’action du Conseil fédéral plus prévisible et limiterait l’influence des pressions étrangères.