Genève

Le concours Michel Nançoz célèbre la parole «qui convainc, émeut et séduit»

02.09.2026 19h37 Rédaction

Hayat

Treize avocats stagiaires s’affronteront samedi au Palais de justice lors du concours d’éloquence Michel Nançoz, diffusé sur Léman Bleu dès 14h00. Présidente du jury, Me Yaël Hayat attend des candidats du courage, de la liberté et une parole capable de convaincre autant que d’émouvoir.

Dix minutes pour convaincre. Samedi, 13 avocats stagiaires monteront à la tribune du Palais de justice lors du concours Michel Nançoz. Une joute oratoire vieille de 43 ans, qui couronnera trois jeunes pousses du Barreau.

Pour Maître Yaël Hayat, qui préside le jury, le rendez-vous dépasse largement le cadre d’une compétition: «C’est toujours un moment assez rare de découvrir ces talents et de célébrer l’éloquence, la parole».

Une respiration qu’elle juge d’autant plus précieuse aujourd’hui. «On vit des temps moroses, des temps de censure. Et là, c’est un instant suspendu où tous les sujets peuvent être déclinés sur tous les tons.»

«Aucune cause n’est indéfendable»

Histoire, mythologie, philosophie ou sujets contemporains: les thèmes proposés aux candidats se veulent volontairement éclectiques. Le principe, lui, reste le même: permettre aux futurs avocats de défendre toutes les causes.

«Aucune cause n’est indéfendable et on tient à le dire et à le rappeler», souligne Me Yaël Hayat qui rappelle: «ces candidats-là seront les avocats de demain. Et lorsque l’on porte la robe, on doit pouvoir tout défendre.»

Les finalistes disposent évidemment d’une grande liberté de ton. «On aimerait leur permettre de s’affranchir de tout, sauf de la vulgarité», explique la présidente du jury. Ils peuvent ainsi «traiter avec légèreté des sujets graves et l’inverse également».

Convaincre, émouvoir et séduire

Face aux 13 candidats, un jury particulièrement relevé, avec notamment l’ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, l’avocat Bertrand Périer, le bâtonnier de l’Ordre ainsi que plusieurs anciens bâtonniers.

La forme comptera forcément, reconnaît la présidente du jury, mais elle ne suffira pas. «Il peut y avoir la parole pour la parole. Et puis il peut y avoir aussi la parole qui sert, avec une certaine consistance.» Comment départager les candidats dans ce concours ? Les fondamentaux de Cicéron donnent peut-être un indice: «Une parole qui convainc, une parole qui émeut, une parole qui séduit.»

Au bout du concours, trois participants seulement seront récompensés. Une distinction que Yaël Hayat souhaite toutefois relativiser: «C’est la récompense d’un instant, mais pas celle d’une vie.»

Le début de belles carrières

Le concours peut néanmoins laisser une trace durable. Plusieurs anciens lauréats du concours genevois ont ensuite occupé des fonctions importantes dans le monde judiciaire. L’actuel président du Tribunal fédéral, le procureur général ou encore le premier procureur Bertossa en sont quelques exemples.

Mais au-delà du palmarès, la présidente du jury se réjouit de la relève et insiste surtout sur l’audace nécessaire pour se présenter. «Le courage, c’est la vertu cardinale de l’avocat.» Me Yaël Hayat ajoute que «ce sont des ténors en herbe qui ont déjà, en tous les cas, ce sens-là du courage».

Le concours Michel Nançoz débutera samedi à 14h00 au Palais de justice. Les portes ouvriront au public dès 13h. L’intégralité de la joute oratoire sera également diffusée en direct sur Léman Bleu dès 14h00.