Genève

Le détatouage au laser, cette technique pour lever l’encre

01.09.2025 19h10 Martin Esposito

Après l’engouement pour le tatouage, voici le temps du détatouage. La méthode séduit un nombre croissant de personnes désireuses de corriger ou d’effacer un dessin qui ne leur correspond plus. 

Tatiana est créatrice de contenu. À 17 ans, elle a commencé à se faire tatouer. Un chien par-ci, un papillon par-là. Quelques années plus tard, elle regrette «J’ai changé de style. Aujourd’hui, ça ne me correspond plus du tout», confie-t-elle. Les dessins sur son corps seraient même un obstacle pour son travail. Alors, le détatouage au laser est devenu une manière de tourner la page.

En cette fin juin, elle a rendez-vous chez Bye Bad Tatoo, un institut qui a fait du laser sa spécialité. Mathilde Thiébaud, directrice du lieu, explique le protocole: «La lumière qui est envoyée va créer un échauffement qui fait fractionner le pigment en plein de petits morceaux. Ensuite, les particules du pigment vont être assimilées par le corps. Donc, c'est un processus qui est assez long. Le corps, après, il met à peu près un mois et demi, deux mois à assimiler, à digérer toutes ces petites particules dans le système immunitaire.»

Une méthode perfectible

Le laser attire aussi bien ceux qui veulent tourner la page que ceux qui souhaitent rectifier un tatouage raté. Le traitement est toutefois contraignant: une dizaine de séances espacées de plusieurs semaines et un coût qui se chiffre en centaines de francs. Pas de quoi effrayer la clientèle. Depuis son ouverture, l’institut connaît une croissance de 60%.

La technique, qui peut être douloureuse, reste cependant imparfaite. Car, tous les tatouages ne disparaissent pas complètement. «Il y a de plus en plus de studios de tatouage ouverts par des gens non formés, parfois avec des encres non conformes. Dans ces cas, le laser atteint ses limites», alerte Philippe Mülhauser, membre du comité de l’Association suisse des tatoueurs professionnels.

En Suisse, une personne sur cinq porte un tatouage. Désormais, une partie d’entre elles choisit de gommer ces marques laissées sur la peau, au prix d’un processus long et coûteux.