Le diesel flambe, les maraîchers veulent renégocier leurs prix
Après un été déjà éprouvant, la flambée du diesel alourdit encore la facture des maraîchers genevois. À Bardonnex, Biosaveur estime son surcoût annuel de carburant à 10’000 francs. Face à la baisse des rendements et à l’augmentation des charges, l’exploitation veut désormais renégocier ses prix avec la grande distribution.
De l’engrais pour préparer les futures pousses d’épinards. Chez Biosaveur, à Bardonnex, les travaux agricoles battent leur plein. Sur cette exploitation maraîchère de 75 hectares, largement mécanisée, le tracteur tourne à plein régime. Et chaque heure de travail coûte désormais plus cher.
Le prix du diesel a fortement augmenté depuis le début de l’année. Selon les relevés du TCS, le litre est passé de 1fr.78 début janvier à 2fr.46 le 19 septembre, soit une hausse d’environ 38%. Le niveau atteint en septembre dépasse même le précédent record enregistré en 2022.
Jusqu’à 10’000 francs de plus par an
Pour Frédéric Feiereisen, chef de culture chez Biosaveur, le prochain remplissage de la cuve s’annonce donc salé.
«Si je prends le dernier remplissage qu'on a fait, qui représente environ 6000 litres, on était sur un prix de base d'un franc 70. Maintenant, si je prends les cours actuels, on serait entre 2,10 et 2,20.»
À l’échelle de l’exploitation, il estime le surcoût à environ 10’000 francs par an.
Cette nouvelle dépense arrive après un été particulièrement difficile pour l’agriculture genevoise. Fin juin déjà, un violent épisode de grêle avait frappé le sud du canton, notamment Bardonnex et Perly, provoquant d'importants dégâts dans les cultures.
Sécheresse, grêle et charançon
Puis sont venues les fortes chaleurs et la sécheresse. Chez Biosaveur, la facture d’eau a augmenté de 30% par rapport à l’année dernière en raison des besoins accrus en irrigation.
«On a eu plusieurs canicules d'affilée, des grandes températures qui ont détruit les betteraves à la germination. Ensuite, il y a eu le charançon. On a eu des besoins en eau énormes et la dernière goutte de trop, c'est le carburant», résume Frédéric Feiereisen.
Une situation qui dépasse cette seule exploitation. Fin août, AgriGenève demandait au canton de reconnaître une «situation d’urgence» après les importantes pertes enregistrées dans plusieurs cultures. Dans certaines parcelles genevoises, deux tiers des carottes n'avaient par exemple pas levé.
Des prix renégociés avec la grande distribution
Face à l'accumulation des charges et aux pertes de récoltes, Biosaveur veut désormais renégocier ses prix avec ses partenaires commerciaux.
«Il faudra qu'on discute avec nos partenaires commerciaux pour avoir un supplément de prix afin de pouvoir tourner cette année», explique Frédéric Feiereisen.
Selon l'exploitation, les rendements ont reculé de 10 à 30% selon les cultures. Biosaveur souhaite donc obtenir auprès de la grande distribution des prix de vente supérieurs de 5 à 15%, selon les légumes.