Le peuple votera sur les soins dentaires le 30 novembre
Après le MCG en 2019, puis le PS en 2022, plusieurs partis de gauche remettent sur la table l’initiative sur les soins dentaires. Elle propose notamment l’octroi d’une enveloppe de 300 francs pour en favoriser l’accès à une partie de la population. La création d’un poste de médecin-dentiste cantonal est aussi au programme. Le peuple se prononcera le 30 novembre sur cet objet de votation.
Un quart de la population suisse renonce aux soins dentaires à cause des coûts de ces derniers ; c’est le constat d’une étude publiée en 2020 dans la revue scientifique anglosaxone Health Affairs. Depuis, les primes maladie ont pris l’ascenseur sans que les choses n’évoluent sur la prise en charge des soins portés à nos dents.
Portée par le Parti socialiste, soutenue par les verts et solidarités, l’initiative propose un chèque annuel de 300 francs, à faire valoir pour des soins dentaires pour les bénéficiaires de subsides et la création d’un poste de médecin-dentiste cantonal pour chapeauter des programmes de prévention et se faire le surveillant des tarifs et pratiques sur le canton. «C'est une sorte de coup de poing, c'est dire "il faut faire quelque chose pour ces dents, allez faire un détartrages, allez faire soigner cette carie". Ce n'est peut-être pas une évidence pour tout le monde mais l'impact est fort sur la santé: il y a des maladies cardiovasculaires possibles après une infection dentaire», nous dit la députée socialiste Sophie Demaurex. «Il faut donc changer le message: les soins dentaires ne sont pas des soins de luxe».
Contre-projet soumis au vote
Quarante pourcent des Genevoises et Genevois seraient concernés. Mais pour les opposants, cette initiative distribue trop d’argent à une vaste partie de la population, alors que les frais dentaires sont souvent bien plus élevés que 300 francs. L’idée d’un poste de dentiste cantonal ne convainc pas plus, jugée trop spécifique.
Le contre-projet, soutenu notamment par le Conseil d’Etat, s’articule en deux axes majeurs : «le premier c'est d'avoir un médecin cantonal dont la responsabilité concernant la santé bucco-dentaire de la population est renforcée, donc une stratégie globale et non en silo. Mais aussi de renforcer les plans existants! Il faut s'assurer que les structures en place sont soutenues comme il se doit», expose Pierre Nicollier, député PLR rapporteur de majorité sur le contre-projet.
Verdict dans les urnes ce 30 novembre.