Genève

L'échangeur de Viry ne fait pas l'unanimité

27.06.2023 18h01 Céline Argento

autoroute

Un projet routier en France voisine fâche aussi à Genève. Il s’agirait d’un échangeur créé à Viry, pour délester le trafic des communes avoisinantes. Mais pour plusieurs associations suisses et françaises, c’est un projet d’un autre temps. Un pétition transfrontalière a été déposée ce matin à Genève et Annecy. 

C’est en contrebas du centre de la commune que doit se construire l’échangeur de Viry en France voisine. Deux bretelles créées, pour éviter le chef-lieu et permettre l’accès à l’autoroute allant de la région Bellegardienne à Bardonnex. Le projet est aujourd’hui contesté par une dizaine d’associations. Une pétition comptant 2’700 signatures a été remise aux autorités genevoises et haut-savoyardes. Jérôme Strobel, président des Vert-e-s transfrontalier-e-s: «On en comprend pas comment d’un côté on peut signer une charte du Grand Genève en transition, qui veut mettre en priorité la transition écologique et la neutralité carbone, et de l’autre, on continue à construire des infrastructures routières alors que le premier poste d’émission de Co2 de notre région, c’est la mobilité.»

Pour les opposants, ce projet met aussi en danger un corridor biologique. Il restreint aussi la zone agricole et donc la capacité de nourrir la population. 

Conséquences pour les communes genevoises

Il y aurait aussi des conséquences pour le canton de Genève si les usagers voulaient éviter Bardonnex. Thibault Schneeberger est coordinateur romand d'Actif-Trafic: «Les infrastructures routières créent du nouveau trafic, les études le montrent. Et ce trafic induit va être augmenté. Ces voitures vont arriver dans les villages comme Soral et finir dans le centre-ville de Genève.» Le canton de Genève se dit attentif à ce projet, notamment par rapport aux petites douanes: «Le canton a signifié son droit de formuler des remarques et commentaires dans le cadre de l'enquête publique de ce diffuseur, si ce projet venait à être déposé en autorisation de construire.» 

Mais pour les partisans du projet, dont la Communauté de Communes du Genevois en France, ce n’est pas une nouvelle route. Joint par téléphone, le président Pierre-Jean Crastes nous explique que c’est un déplacement des voitures existantes pour éviter les congestions notamment à l’ouest de Saint-Julien. Il se veut aussi rassurant pour ce qui est des petites douanes. «Nous avons prouvé depuis deux ans que nous pouvons réduire le trafic dans les communes frontalières grâce à de la régulation comme les feux».

Des milliards pour le routier suisse 

Pierre-Jean Crastes pique aussi la Suisse, et les 14 milliards votés dans la réfection et la création d’autoroutes. La conseillère nationale verte Isabelle Pasquier réplique: «Les Vert-e-s, mais aussi l'ATE, et Actif Trafic ont déjà annoncé qu'ils lanceraient un référendum. Nous lutterons contre toute nouvelle infrastructure routière.» Les opposants veulent que les millions de l'échangeur soient investis ailleurs: «Il nous faudrait des bus transfrontaliers, une réhabilitation de la gare de Viry, des pistes cyclables !» insiste Jérôme Strobel. 

Viry est opposée au projet en tant que tel. La commune aimerait un échangeur, mais à l’endroit du péage, pas dans le lieu choisi. Le chantier ne devrait pas commencer avant plusieurs années. Les opposants pourraient faire recours au niveau judiciaire. Mais les partisans, constitués en association, sauront aussi donner de la voix. Un bras de fer transfrontalier de plus sur les questions de mobilité routière, après celui sur l’autoroute Thonon-Machilly.