Genève

Le tram 17 rapproche Genève du Perrier

17.10.2026 19h00 Delphine Palma

tram

Le tram 17 poursuit sa route à Annemasse. Depuis ce samedi, trois nouveaux arrêts permettent de rejoindre le quartier du Perrier directement depuis Genève. Un prolongement très attendu par les Annemassiens, mais inauguré dans un climat particulier. Le quartier du Perrier est marqué par les violences liées au trafic de drogue et plusieurs épisodes de tirs ces dernières semaines.

Téléphones à la main, les Annemassiens se sont pressés dans les rues pour ne rien manquer de l'événement. Ce samedi, l'arrivée du tram 17 attire la foule dans le centre-ville. Sourires, photos souvenirs et enthousiasme général : après trois ans de travaux, les habitants voient enfin les premières rames circuler jusqu'au quartier du Perrier. « On l'attendait depuis longtemps », se réjouit une habitante.

Le prolongement ajoute trois arrêts et 1,2 kilomètre au réseau. Désormais, le Perrier est relié à Lancy-Pont-Rouge en 49 minutes, sans changement.

Le prolongement rapproche notamment les travailleurs frontaliers de Genève. Depuis le Perrier, il ne faut désormais que douze minutes pour rejoindre la frontière suisse. Un soulagement pour cet habitant, habitué à passer jusqu’à une heure dix dans les bouchons pour se rendre au travail : « Et là, on est sauvés. Merci à la collaboration franco-suisse.»

Un nouveau terminus dans un quartier sous tension

Mais l'enthousiasme s'accompagne d'inquiétudes. En septembre, un jeune homme a été abattu à quelques centaines de mètres du nouveau terminus. Dimanche dernier, de nouveaux coups de feu ont retenti à proximité de la bibliothèque du quartier.

Certains habitants craignent que cette nouvelle liaison facilite les déplacements des trafiquants. Une inquiétude que rejette le maire d'Annemasse, Gabriel Doublet : « Les trafiquants, les criminels n'attendent pas qu'on crée des lignes de transport pour mal agir. »

Même position du côté genevois. « Je ne pense pas que le tram va accélérer la venue de narcotrafiquants sur le territoire suisse », estime le conseiller d'État Pierre Maudet. Il insiste toutefois sur la nécessité d'un « regain de collaboration » policière et judiciaire entre les deux pays, rappelant qu'une partie des consommateurs de stupéfiants présents dans l'agglomération vient de Suisse.

Des renforts policiers attendus

Face aux violences liées au narcotrafic, Annemasse a déjà renforcé ses patrouilles nocturnes et sa police municipale. La Ville attend également des renforts de la police nationale, soit une quarantaine d'agents selon nos informations.