Genève

Le vignoble genevois face à «la pire crise» de production de son histoire

02.10.2026 19h48 Rédaction

josef

Entre baisse de la consommation et concurrence étrangère, l’Interprofession du vignoble et des vins de Genève tire la sonnette d’alarme. Son président estime que près d’un tiers du vignoble genevois pourrait disparaître ces prochaines années sans mesures fortes.

Le secteur vitivinicole suisse traverse une crise profonde. Réunis à Berne jeudi soir, autour du conseiller fédéral Guy Parmelin, les représentants de la branche espéraient notamment obtenir un lien entre les droits d’importation et l’achat de vin suisse. Une demande que n’a pas suivi le Conseil fédéral.

«On est extrêmement déçus parce qu’on espérait quand même avoir convaincu», réagit Josef Meyer, nouveau président de l’Interprofession du vignoble et des vins de Genève. Selon lui, les producteurs font face à une forte opposition des importateurs de vins étrangers.

Pour Josef Meyer, la crise s’explique d’abord par une baisse générale de la consommation de vin. «Cette consommation qui baisse, c’est dans l’air du temps», commente-t-il an expliquant que le combat aujourd’hui se resserre «pour la consommation du vin suisse». Selon les chiffres avancés par Josef Meyer, 37% du vin consommé dans le pays est suisse, une statistique en deçà de ses espérances.

«C’est un paysage qu’on va détruire si on abandonne la viticulture en Suisse»

À cela s’ajoute une surproduction mondiale. L’enjeu dépasse, selon lui, la seule économie : «C’est quand même une culture, c’est un paysage qu’on va détruire si on abandonne la viticulture en Suisse.» Et à Genève, le constat est particulièrement alarmant: «Si on ne trouve pas de solution, moi, j’estime que dans les cinq prochaines années, à Genève, on va arracher 30% de notre vignoble, ce que je considère comme une catastrophe.»

Pour autant, Josef Meyer ne réclame pas la disparition des vins étrangers des restaurants et des commerces. «Nous, on ne veut pas éliminer les vins étrangers. On veut simplement qu’on donne une place correcte au vin suisse.» Il pointe notamment les coûts de production helvétiques, bien plus élevés que dans certains pays concurrents.

Nommé cet été à la tête de l’Interprofession, Josef Meyer entend poursuivre cette bataille, tout en encourageant les producteurs genevois à se réinventer. «Nous, on a aussi notre responsabilité et on doit aussi évoluer», reconnaît-il. Il cite notamment le développement de boissons à base de vin conditionnées en aluminium ou encore les vins sans alcool. «Je pense qu’il y a encore beaucoup d’autres solutions que les viticulteurs doivent aussi trouver. Ceux-ci, j’aimerais les soutenir et essayer de les aider à aller dans cette direction.»