Genève

Les Jeunes socialistes veulent dissiper la crainte d’un scénario français en Suisse

21.10.2026 17h37 Laure Lugon, Martin Esposito

Des figures de la Jeunesse socialiste suisse étaient à Paris dans les manifestations qui ont mal tourné, alors qu'une journée de mobilisation en Suisse est prévue en novembre. Les Jeunes socialistes genevois démentent vouloir un embrasement à Genève, tout en légitimant l’activisme français.

«On va ramener ça en Suisse le 20 novembre». Ces mots sont lancés par le vice-président des Jeunes socialistes suisses, Julien Berthod, au milieu d’une manif à Paris, samedi dernier. Sa présence n’était pourtant que pure coïncidence. Il y préparait une grande journée de mobilisation en Suisse, prévue de longue date pour le 20 novembre, contre les politiques d’austérité et le réarmement.

En Suisse, cette vidéo a déclenché l’alarme: la crainte d’un effet d’aubaine pour des groupes qui cherchent à importer l’affrontement dans le pays. Pour Adrien Rastello, président des Jeunes socialistes genevois, ce scénario n’est pas à craindre: «Il y a fort à parier que ça ne prendra pas la même forme que ce qu'on a pu voir en France, un mouvement vraiment spontané. Ça fait déjà plusieurs semaines que nous tablons sur cette grève. On peut la comparer à d'autres formats qu'on a déjà pu voir, comme la grève du climat ou la grève féministe.»

«On condamne les violences, mais on comprend les mécanismes qui ont mené à ce pillage et à toutes ces dégradations»

Pourtant, la question des violence, légitimes ou pas, n’est pas totalement tranchée: «Bien évidemment, on les condamne, mais on comprend les mécanismes qui ont mené à ce pillage et à toutes ces dégradations. En fait, la violence, selon nous, c'est celle du système capitaliste, celle de la politique d'austérité et de précarisation d'Emmanuel Macron. Finalement, qu'est-ce qui reste comme moyen d'expression? Encore une fois, je condamne, mais je comprends que des personnes puissent se dire, ok, alors on va tout casser.»

«Je ne pense pas qu'on puisse parler de radicalité quand on parle de l'implication et de l'engagement de la jeunesse socialiste»

Comment le PS réagit-il devant ce discours un peu ambigu? «Je ne pense pas qu'on puisse parler de radicalité quand on parle de l'implication et de l'engagement de la jeunesse socialiste, réagit Amanda Gavilanes, co-présidente du PS genevois. Je pense qu'on doit parler d'une façon nouvelle, contemporaine, pour appréhender les problématiques sociales. Et leur manière nous est indispensable, à nous parti mère, pour pouvoir continuer à nous questionner, pour pouvoir être en phase avec les générations plus jeunes et ce qui va se passer avec notre avenir.»

De nouvelles manifestations sont prévues en France le week-end prochain. Des groupes antifas genevois devraient y participer.