Genève

Les Verts refusent d’affronter une écologiste finlandaise pronucléaire

24.09.2026 17h14 Gilles MIELOT

redac

Les Verts genevois devaient participer à un débat sur le nucléaire avec une écologiste finlandaise pronucléaire, à l’invitation du Club suisse de l’énergie. Farouchement opposés à cette énergie, les Verts genevois ont finalement refusé la confrontation. Les Vert’libéraux, eux, ont accepté l’exercice. 

Les Verts genevois auraient dû affronter, hier soir à l’invitation du Club suisse de l’énergie, une militante écologiste finlandaise, Tea Törmänen. Sujet hautement explosif: le nucléaire.

Explosive aussi, la réaction des Verts genevois qui se sont finalement désistés. Pour les écologistes genevois, débattre signifie-t-il parler uniquement avec des gens en accord avec leurs positions ?

« Non, pas du tout », répond leur présidente, Maryam Yunus Ebener. « La manière dont les choses étaient organisées pour ce débat ne nous a pas convenu. On ne peut pas commencer à débattre avec une organisation qui raconte des choses fausses. S’il faut investir de l'énergie, on préfère l'investir avec des personnes avec qui on peut avoir un véritable débat et qui ne commencent pas à dire que les Verts sont co-organisateurs, que les Verts sont divisés et qu’il y a une Verte finlandaise qui va venir débattre avec eux. Toutes les trois informations sont fausses et on n'a pas voulu débattre dans ces conditions-là ».

La question nucléaire est depuis toujours la bête noire des Verts. Contrairement aux écologistes finlandais qui soutiennent l’atome. « C'est l'ADN des Verts d'être contre le nucléaire », reconnaît Maryam Yunus Ebener. « D'ailleurs, le parti Vert européen est contre le nucléaire aussi. Mais il y a une spécificité de la Finlande qui est liée à son histoire en lien avec l'Union soviétique et ça leur appartient ».

Les Vert’libéraux genevois, eux, ont accepté le débat, malgré le côté très émotionnel du sujet. Pour leur président, la réaction des Verts est décevante : « Ça révèle une position un peu dogmatique qui est regrettable », estime Aurélien Barakat. « Je crois que le dialogue est important. Et si on voit que tant les Vert’libéraux que d'autres partis Verts européens, peu il est vrai, sont prêts au dialogue, c'est qu'il y a quelque chose. Sinon, on ne serait pas là à discuter. On partage un but commun. C'est une transition vers quelque chose de durable, de décarboné. Et donc, si on est prêt à discuter, c'est qu'il y a un sujet de fond. Et aujourd'hui, il ne faut pas refuser le dialogue. Il faut aller vers ces discussions de fond. On va voter. Il faut en débattre ».

Cette semaine, le référendum hostile au contre-projet du Conseil fédéral qui prévoit de lever l’interdiction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse a abouti. Ce sera donc au peuple de trancher.