Genève

Les commerces de la rue du Rhône craignent les chantiers

20.02.2026 18h31 Lucie Hainaut

rhône rhône

Après la rue de Carouge, c’est au tour de la rue du Rhône d’entrer en travaux. Les Services industriels de Genève y déploient le réseau de chauffage à distance GeniLac. Un chantier prévu jusqu’en mars 2028, qui inquiète les commerçants.

Dans la boutique Show-off, la poussière s’invite partout. Devant les vitrines, les échafaudages bloquent la lumière. Les clients doivent se frayer un chemin sous les échafaudages pour entrer dans l’échoppe.

«Ça fait 46 ans que je viens travailler avec plaisir. Mais aujourd’hui, c’est devenu triste, il n’y a pas de lumière. On est enfermés, cloîtrés», se désole Rita Patera, la directrice de la boutique de vêtements.

Le commerce subit une double peine: des travaux d’isolation et de mise aux normes de l’immeuble depuis mai dernier, auxquels s’ajoute désormais le chantier GeniLac, entamé il y a deux semaines.

Jusqu’à 40% de baisse du chiffre d’affaires

Pour certains commerces, les conséquences financières sont déjà lourdes. «On est à moins 40% de chiffre d’affaires depuis juin», affirme la directrice de Show-off.

D’autres arcades évoquent une baisse comparable. Quelques gérants préfèrent toutefois attendre, rappelant que février est traditionnellement un mois plus calme et que le chantier SIG ne fait que commencer.

Le déploiement de GeniLac sur la rue du Rhône doit durer jusqu’en mars 2028. Et ce n’est qu’une étape: la Ville prévoit dès 2027 d’autres aménagements dans le quartier, avec la création de zones piétonnes et la plantation d’arbres. La fin complète des travaux est annoncée pour 2031.

Des indemnisations encore floues

La question des compensations reste en suspens. Ni le mode d’indemnisation ni les acteurs chargés de verser d’éventuels dédommagements ne sont encore définis.

SIG indique attendre la fin de la phase test menée sur la rue de Carouge avant de préciser son dispositif. Genève Commerces réclame de la visibilité. «On aimerait savoir quel mécanisme sera appliqué et où en sont les discussions» martèle Flore Teysseire, secrétaire générale de la faîtière.

La régie Naef, qui coordonne les travaux de l’immeuble, précise que les éventuelles baisses de loyer ou indemnisations seront discutées «en fin de chantier, une fois les nuisances réelles connues».

En attendant, sur la rue du Rhône, les marteaux-piqueurs rythment désormais le quotidien des boutiques. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.