Genève

Les jeunes, de plus en plus accro à leurs smartphones

15.09.2025 18h45 Rafael Pacheco

telephone

De plus en plus de jeunes sont accros à leurs natels. L’usage abusif des smartphones a mené le DIP à les interdire à l’école. Sur le plan de la santé, l’omniprésence des écrans est devenue une problématique majeure de santé publique. Comment la résoudre? Pas forcément par la prohibition.

Les natels sont toujours plus présents. Leur usage abusif à l’école a mené le DIP à bannir les smartphones dans les cycles d’orientation genevois, depuis la rentrée. Globalement, l’addiction aux écrans se propage chez les jeunes, au point d’en devenir une problématique majeure.

À la Fondation Phénix, spécialisée dans les addictions, les consultations liées aux écrans se sont envolées. «En dix ans, ce motif est passé d’anecdotique à deuxième cause de prise en charge», relève la psychothérapeute Fabienne von Düring. Elle insiste: «Le recours aux écrans n’est jamais le problème de départ. C’est souvent lié à des difficultés scolaires, familiales ou psychologiques. Le jeune va se réfugier.»

Usage problématique des écrans chez 25% des 15-19ans

Aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), le service «ReConnecte», pionnier en Suisse depuis 2007, constate que un tiers des patients consultent pour un usage problématique d’Internet et du smartphone. Sa responsable, la Dre Sophia Achab, nuance l’effet des interdictions: «Ne pas avoir de distracteur en classe est positif, mais ce n’est pas la mesure ultime. Elle doit s’accompagner d’autres actions.»

En Suisse, selon une enquête de santé (ObSan), plus d’un jeune sur quatre de 15 à 19 ans est concerné par un usage problématique des écrans. Le phénomène double en cinq ans et touche aussi 19% des 20-24 ans.

Les conséquences se font sentir sur le sommeil, l’alimentation et la concentration. «Je connais beaucoup de parents qui ont de la peine à poser et maintenir des limites. On n’est jamais parfaits, mais nous restons des modèles pour nos enfants. Un usage sain des écrans, c’est quand il est choisi et non subi», analyse encore la Dre Sophia Achab.

Prochainement, des actions de sensibilisation seront menées dans les préaux des écoles primaires genevoises pour dialoguer avec les enfants sur leurs pratiques numériques.