Genève

Les vignerons genevois alertent: «Des parcelles seront abandonnées dès cette année»

24.07.2026 16h59 Laure Lugon, Bruno Andaloro

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Les vignerons encaveurs dénoncent les prix fixés par les principaux acheteurs de moût, qu'ils jugent bien en dessous des coûts de production. Ils appellent la Confédération à mieux protéger la production suisse.

La colère gronde dans le vignoble genevois. Les principaux acheteurs de moût - Coop, Migros et Fenaco - ont fixé des prix que les vignerons estiment insuffisants, au point de ne pas couvrir la moitié des coûts de production.

Pour Lionel Dugerdil, président du Groupement genevois de la vigne et du vin, les conséquences seront rapides. Il prévient que certains vignerons risquent la faillite, tandis que d'autres renonceront à cultiver une partie de leurs parcelles, laissant apparaître des vignes abandonnées au cœur du vignoble. «Nous sommes dans un pays qui produit un tiers de ce qu’on consomme. On pourrait donc s'attendre à ce que ces gros acteurs jouent le jeu de la production locale», regrette-t-il.

L'aide de Guy Parmelin réclamée

Face à cette situation, les représentants de la filière ont saisi le conseiller fédéral Guy Parmelin. Ils demandent que l'octroi des contingents d'importation de vins étrangers soit conditionné à l'achat d'une part de la production suisse. Selon eux, il s'agit du seul levier dont dispose aujourd'hui la Confédération pour soutenir durablement la viticulture indigène. «La seule marge que nous avons, c'est cet octroi du contingent d'importation. Il faut savoir que les vins étrangers rentrent en Suisse avec des taxes qui sont quasi nulles, soit de 30 centimes par litre. Pour avoir le droit à ce contingent, on demande donc que ces gens prennent en charge la production indigène.»