Genève

NRTV joue sa survie: 200'000 francs à trouver pour éviter l’écran noir

28.09.2026 18h45 Denis PALMA

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La télévision régionale de la Côte traverse une nouvelle crise financière. Après avoir repris en urgence l’exploitation de NRTV en mars, l’association Communyon doit encore réunir 200'000 francs pour terminer l’année. Elle lance un appel aux communes, aux entreprises et aux téléspectateurs.

NRTV joue une nouvelle fois sa survie. Sur le plateau de la chaîne, le 17 septembre dernier, Christine Girod, présidente de l’association Communyon, ne cache pas la gravité de la situation.

«Là, c'est une menace qui est quasiment imminente puisqu'on est en manque de liquidités pour terminer l'année, c'est-à-dire les derniers mois de l'année.»

Onze ans après avoir déjà frôlé la disparition lors du désengagement des téléréseaux, la télévision régionale se retrouve donc à nouveau confrontée à la menace d’un écran noir.

Un sauvetage en urgence au mois de mars

En début d’année, NRTV avait déjà évité de peu l’arrêt de ses programmes. Depuis le 1er mars 2026, Communyon, éditeur historique de la chaîne, a repris directement son exploitation. Jusqu’alors, celle-ci était assurée par MediaGo Conseil SA, dirigée par Christophe Rasch.

Selon Christine Girod, le modèle économique reposait notamment sur des revenus commerciaux qui ne se sont finalement pas concrétisés.

«Des entreprises qui pourraient louer par exemple le studio, ou des publicités sur la chaîne, ces mandats ne se sont pas concrétisés. Et on sait que le monde de la publicité est en difficulté actuellement. Et là, je pense que ça a été un petit peu surévalué dans le business plan.»

Communyon avait déjà participé au sauvetage de NRTV en 2015, après le retrait de plusieurs téléréseaux qui soutenaient financièrement la chaîne. 

200'000 francs à trouver d'ici décembre

Onze ans plus tard, l'équation financière n'est toujours pas résolue. Depuis la reprise de l'exploitation, deux postes ont été supprimés et un collaborateur est parti volontairement. La chaîne emploie désormais six personnes.

Malgré ces économies, il manque encore 200'000 francs pour assurer le fonctionnement de NRTV jusqu'à la fin de l'année. Communyon lance donc un appel aux communes du district, mais aussi aux entreprises et aux téléspectateurs.

«On espère que les communes suivront notre effort et répondront présentes pour qu'on puisse avoir le budget de fonctionnement qui nous fasse tenir jusqu'à la fin de l'année», explique Christine Girod.

Le soutien des collectivités est crucial pour la chaîne. Communyon regroupe 30 communes parmi ses 74 membres et indique que 33 communes du district soutiennent NRTV. Nyon et Gland figurent parmi ses principaux bailleurs de fonds.

Contrairement à certaines télévisions régionales bénéficiant d'une concession, NRTV ne reçoit pas de quote-part de la redevance fédérale. Son financement repose donc notamment sur les collectivités locales, la publicité et les partenaires privés. 

L'objectif: repartir sur de nouvelles bases en 2027 

Pour Communyon, l'urgence consiste désormais à franchir les trois derniers mois de 2026. L'association assure disposer d'une stratégie pour pérenniser la chaîne à partir de l'année prochaine.

«Pour 2027, on a un budget. Communyon a une stratégie également de développement de la chaîne et pour la faire perdurer, pour que NRTV soit une chaîne pérenne dès 2027», assure sa présidente.

En attendant, l'avenir immédiat de NRTV dépendra de sa capacité à réunir les 200'000 francs manquants. Après un premier sauvetage au printemps, Communyon veut éviter que l'écran ne devienne définitivement noir avant la fin de l'année.