Genève

Nathalie Fontanet défend un budget critiqué de toutes parts

18.09.2025 19h57 Rédaction

La conseillere d'Etat genevois, Nathalie Fontanet, s'exprime, sur la presentation du projet de budget 2026 de l'Etat de Geneve, lors d'une conference de presse du Conseil d'Etat genevois, ce jeudi 18 septembre 2025 a Geneve. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Le projet de budget 2026 du Conseil d’État prévoit un déficit de 409 millions de francs. Formation, social et police seront renforcés, mais la suspension des annuités des fonctionnaires et la participation accrue des communes suscitent une levée de boucliers. La ministre des Finances se défend.

Un budget 2026 «extrêmement préoccupant, mais encore couvert par la réserve conjoncturelle». C’est en ces termes que Nathalie Fontanet, grande Argentière du canton, a présenté jeudi les comptes cantonaux, qui affichent un déficit de 409 millions de francs.

Pour l’exécutif, la cause principale est claire: «On a véritablement des charges contraintes et mécaniques qui explosent», a insisté Nathalie Fontanet. Vieillissement de la population, coûts de la santé, indexations automatiques et péréquation intercantonale pèsent lourd. Genève devient le plus gros contributeur du pays.

Dans son projet, le Conseil d’État prévoit 285 nouveaux postes de fonctionnaires, notamment dans l’enseignement, le social et la police. Mais l’annonce d’un gel des annuités et de la participation des communes à la péréquation provoque la colère des syndicats et des mairies. «Est-ce qu’on doit dépenser plus que ce qu’on gagne? On ne doit pas. Mais nous ne sommes pas un ménage privé qui part en vacances sans moyens. L’État a des obligations», a défendu la minsitre des Finances.

Charges en hausse, recettes sous pression

Face aux critiques unanimes, la ministre relativise: «Tout le monde est contre, mais pas pour les mêmes raisons. Certains disent que lorsque tout le monde est contre, c’est qu’on a réussi quelque chose de bien.» Nathalie Fontanet promet un plan d’économie pour le printemps, après une «réflexion transversale» plus poussée.

La réprobation traverse même le Conseil d’État. Antonio Hodgers a estimé auprès de nos confrères du Temps que ce plan financier «illustre une incapacité collective à anticiper des effets pourtant prévisibles». Une prise de distance que Nathalie Fontanet juge «particulière» à quelques semaines de son départ.

Le débat budgétaire s’annonce tendu au Grand Conseil. Entre austérité redoutée et besoins croissants, le compromis pourrait s’annoncer difficile.