Genève

Nyon cherche la solution contre les nuisances des corbeaux freux

21.04.2026 16h51 Gilles MIELOT

redac

Les habitants de plusieurs quartiers de Nyon sont excédés par les croassements des corbeaux freux. Une espèce protégée qu’il est difficile d’éloigner durablement des villes. Mesures d’effarouchement, destruction de nids et fauconnier ne suffisent pas toujours. La commune a lancé une étude pour évaluer les conséquences de ces nuisances sur la santé. Des riverains demandent des interventions régulières et pérennes. 

Cela faisait des années que les riverains se plaignaient des croassements des corbeaux freux. Des oiseaux qui nichent en colonie au sommet de grands arbres feuillus. Une espèce protégée surtout entre le 15 février et le 15 juillet où aucune intervention n’est possible.

Il faut donc agir avant ou après, destructions des nids, mesures d’effarouchement, mannequins dans les arbres, intervention d’un fauconnier avec une buse, comme à Carouge il y a quelques années. Des mesures efficaces mais qui déplacent le problème.

Une espèce protégée

« Dans le secteur, une septantaine de nids ont disparu, mais un certain nombre de corbeaux se sont déplacés à côté, et d'autres plus loin. Nous avons voulu agir là où il y avait une forte concentration de corbeaux et d'habitants » explique Pierre Wahlen, municipal en charge de l’environnement.

Des habitants qui disent avoir vécu l’enfer comme Dorotea qui ne pouvait plus travailler lors de ses conférences de coaching, malgré un casque, elle entendait les croassements. Jacqueline, une autre riveraine explique que « la nuit il y avait quelques heures de calme mais que tous les voisins étaient agacés, certains ont même déménagé ». 

Des autorités qui ont tardé à réagir

Un long combat pour inciter les autorités à prendre des mesures. Un quartier désormais un peu apaisé mais les riverains veulent des mesures pérennes malgré les coûts. « Le mandat du fauconnier, on est autour de 20 000 CHF, le budget pour toutes les mesures de cette année, ça tourne autour des 90 000 CHF, il y a autour de 45 000 à 50 000 CHF pour l'impact du bruit, donc de débloquer chaque année une trentaine de milliers de francs pour faire intervenir un fauconnier, je pense que c'est supportable pour une commune comme la ville de Nyon » plaide Raphael Weisskopf,  initiateur de la pétition des habitants du quartier du Cossy.

La commune de Nyon vient de lancer une étude pour évaluer les nuisances sur la santé des habitants. « Une étude qui pourrait amener le canton et la Confédération à revoir les mesures de protection dont bénéficie le corbeau » indique Pierre Wahlen.

Les résultats de l'étude conduite en partenariat avec Unisanté seront connus cet été. En attendant, les nyonnais cherchent toujours la bonne martingale pour concilier nature et quiétude.