P+R de Perly: la démolition qui fâche le MCG
À moins d’un mois de la votation sur 39,5 millions de francs pour des projets transfrontaliers, la démolition du P+R de Perly fait bondir le MCG. Le parti dénonce une contradiction. Le maire de Saint-Julien-en-Genevois lui répond que les places seront déplacées près de la gare.
À quelques mètres de la frontière genevoise, les pelleteuses sont entrées en action. Fermé définitivement le 21 avril, le P+R de Perly est en cours de démolition pour laisser place à un nouveau quartier de plus de 200 logements.
Une démolition qui tombe en pleine campagne genevoise. Le 27 septembre, les électeurs doivent se prononcer sur un crédit de 39,5 millions de francs destiné à plusieurs projets transfrontaliers en matière de mobilité, d’environnement et de santé. Parmi eux figurent notamment de nouveaux parkings-relais en France voisine.
Pour le MCG, opposé au crédit, le cas de Perly illustre une contradiction. «On supprime des places de P+R ici à Saint-Julien, alors que dans le même temps, on nous demande de voter pour un peu plus de 1000 places supplémentaires réparties dans la région. Est-ce qu’on a véritablement besoin de ces places? Moi, j’en déduis que non», s’insurge son président François Baertschi.
«Les places sont déplacées»
À Saint-Julien-en-Genevois, le maire Laurent Mivelle balaie la polémique. Pour lui, il ne s’agit pas de supprimer l’offre, mais de la déplacer. Un nouveau P+R de 534 places est prévu à 1,5 kilomètre de Perly, près de la gare.
Un P+R de 534 places à la gare
«Le P+R de Perly, c’était 280 places qui ont été fermées le 21 avril et qui seront remplacées dans un avenir proche, ici à la gare, par 534 places. Le projet est cohérent. Les usagers n’auront plus à traverser et à embouteiller la ville», défend Laurent Mivelle.
Le déplacement du P+R répond d’ailleurs à une logique ancienne d’aménagement: concentrer le stationnement près de la gare afin de limiter le trafic de transit dans Saint-Julien et libérer le terrain de Perly pour du logement.
Pour l’élu français, ces parkings deviennent d’autant plus importants que le prolongement du tram 15 jusqu’à Saint-Julien a pris du retard et reste sans calendrier précis. «Dans les dix prochaines années, nos concitoyens ne verront sûrement pas de tram. [...] Il faudra que les gens utilisent toujours la voiture, malheureusement. Et avec la voiture, la solution, c’est le P+R avec le covoiturage», estime-t-il.
Le débat rappelle celui de 2014. À la suite d’un référendum, les Genevois avaient refusé à 51,1% un crédit de 3,129 millions de francs destiné à cofinancer cinq P+R en France voisine, représentant 831 places.
Douze ans plus tard, le MCG repart à l’offensive. Mais l’objet soumis au vote est cette fois plus large: les 39,5 millions ne concernent pas uniquement des P+R, mais un ensemble d’infrastructures de mobilité ainsi que des projets liés à l’environnement et à la santé. Le Conseil d’État estime que cette enveloppe permettra de mobiliser près de 182 millions de francs d’investissements, avec des financements français et fédéraux.