Prix de l'essence: les taxis vont demander une hausse des tarifs
Où s'arrêtera l'envolée des prix du carburant ? Dans certaines stations-service genevoises, le litre de diesel frôle désormais la barre des 2,50 CHF. Une flambée continue depuis le mois de mars dernier, qui asphyxie les professionnels. Les taxis vont demander au conseil d’état une hausse de leur tarif fixé par la loi.
2,14 francs pour le sans-plomb 95, 2,47 francs pour le diesel: dans certaines stations, les prix des carburants ont désormais dépassé les records de 2022. Une flambée qui pèse lourdement sur les professionnels de la route, à commencer par les taxis et les transporteurs.
«On est très attentifs tous les jours au prix de l’essence.»
Sophie Massarotto roule pourtant avec un véhicule hybride. Mais sa facture de carburant a malgré tout augmenté d’environ 200 francs par mois. «On est très attentifs tous les jours au prix de l’essence. On se demande: est-ce que je complète aujourd’hui? Est-ce que ça va baisser?», explique-t-elle. Une vigilance devenue quotidienne alors que les prix poursuivent leur hausse.
Pour certains chauffeurs, la question touche désormais directement à la viabilité de leur activité. «À combien on va finir la journée? Est-ce qu’on va arriver à finir nos paiements à la fin du mois? Ça, c’est la grosse question. Et quand je discute avec mes collègues, on en est tous là», poursuit la professionnelle.
Les taxis réclament une hausse de leurs tarifs
Face à cette hausse des charges, la profession prévoit de demander officiellement au Conseil d’État, début novembre, une augmentation de 12% des tarifs de taxi. Ceux-ci n’ont pas évolué depuis plus de vingt ans, selon les représentants de la branche.
«L’idée n’est pas d’effrayer la population. On reste un service à la population. Le but est vraiment d’ajuster nos tarifs par rapport à nos charges», explique José Gonçalves, chauffeur et secrétaire général de la Fédération des taxis genevois officiels.
La profession ne souhaiterait pas forcément toucher au prix au kilomètre, mais plutôt à d’autres éléments comme la prise en charge ou les bagages. «Tout augmente. On parle de l’essence aujourd’hui, mais on peut aussi parler des charges sociales, des assurances ou encore du bureau des autos», ajoute le taximan.
Les transporteurs répercutent déjà la hausse
Le transport routier est lui aussi directement touché. Selon les destinations, les prix de livraison des marchandises ont augmenté de 10 à 30%.
Pour l’instant, les entreprises de transport parviennent encore à répercuter cette hausse sur leurs clients. Mais si la situation perdure, les conséquences pourraient se faire sentir bien au-delà de leur secteur, explique Patrick Brechtbühl, vice-président romand de Spedlogswiss, la faitière des entreprises de logistique. «Il y aura forcément un moment où cela risque de poser de graves problèmes aux industries, parce qu’elles ne peuvent pas se permettre des coûts qui augmentent à ce point-là. Le recours à d’autres modes de transport, notamment le rail, pourrait être une solution. Mais là encore, les capacités ne sont pas illimitées. «Si toute la marchandise actuellement transportée par route devait se rabattre sur le ferroviaire, les capacités seraient rapidement saturées.»
Peu de répit attendu à court terme
Le contexte international laisse peu de place à une détente rapide. Le 9 septembre, le prix du baril de pétrole a franchi la barre des 100 dollars. Sans amélioration de la situation géopolitique, les spécialistes s’attendent à ce que la pression sur les prix à la pompe se poursuive.