Genève

Procès Hinduja: les questions de procédure électrisent les débats

25.01.2024 17h06 Julie Zaugg

Ajourné une première fois il y a dix jours, le procès de quatre membres de la famille Hinduja, accusés de traite d'êtres humains, a repris jeudi devant le Tribunal correctionnel de Genève. Les requêtes procédurales de la défense ont été rejetées.

Après avoir été reporté une première fois et après 14 demandes de récusation diverses d’après les comptes de la RTS, le procès devait débuter le 15 janvier. Ce jour-là manquait deux avocats de la défense, malades, et les deux principaux prévenus, les parents Hinduja, malades aussi, à Dubaï et dans l’incapacité de voyager.

Ce jour-là l’audience a donc tourné court et l’ajournement a été prononcé en attendant le rétablissement des différents protagonistes. Mais si aujourd’hui tous les avocats étaient présents, les deux principaux prévenus sont toujours absents pour raison médicale et se posait alors la question de la poursuite

Reprise attendue vers la mi-mars

D’entrée de jeu ce matin, trois avocats de la défense ont demandé la récusation du tribunal dans son entier. Une demande appuyée par leurs deux autres confrères. Ce qui porte à 17 le nombre de demandes de récusation dans cette affaire. Une demande qui a finalement été rejetée, non sans quelques passes d’armes entre avocats ou avec le ministère public.

La défense a alors soulevé d’autres incidents. D’abord sur l’audience du 15 janvier dernier. La tenir en l'absence d'un ou plusieurs avocats serait contraire au code de procédure pénale. Il fallait alors la considérer comme nulle et invalider toutes décisions et procès-verbaux en découlant. Là aussi demande rejetée.

Puis, autre incident, sur la tenue du procès dans son ensemble en l’absence des parents Hinduja. «Une incapacité médicale signée d’un médecin est un motif valable pour reporter un procès», ont exposé les avocats, précisant qu’il ne s’agit pas de les considérer comme volontairement absents.

Car là est tout le problème, si le tribunal fait ce constat, il est alors possible d’initier une procédure par défaut, donc en leur absence et seulement représentés par leurs avocats. Une erreur pour la défense. Une nécessité pour les parties plaignantes qui veulent avancer. Le tribunal a tranché ce soir pour que les débats se poursuivent sans eux. Reste encore à savoir quand.

Nous étions en effet encore dans les incidents et au seuil des questions préjudicielles. Loin pour l’instant de se lancer dans le vif du sujet, les auditions des différentes parties. Les dates envisagées pour la suite sont vers la mi-mars au plus tôt. D’ici là les prévenus manquants auront peut-être pu rejoindre Genève.