Genève

Rémi Baudouï veut «un moratoire pour repenser Genève»

19.08.2025 19h43 Rédaction

Candidat indépendant au Conseil d’État, Rémi Baudouï veut suspendre les grands projets pendant un an. Objectif: consulter la population et ouvrir le débat sur l’avenir urbain du canton.

Urbaniste, politologue et ancien directeur de l’École d’architecture de Genève, Rémi Baudouï se lance dans la campagne pour le Conseil d’État avec un slogan: «Genève peut mieux faire». Pour lui, ce mot d’ordre traduit «la colère et la souffrance» d’une partie des habitants. «Beaucoup subissent des transformations de l’espace public trop violentes, trop rapides», explique-t-il.

Rémi Baudouï dénonce une politique urbaine qui, selon lui, favorise la densification sans vision globale. Il cite en exemple les futures tours prévues aux Vernets, qui «massacrent» le paysage genevois. Il regrette également l’emprise croissante de constructions qui effacent la cathédrale de l’horizon.

Favorable à d’autres matériaux de construction

L’urbaniste défend une autre approche: abandonner la «filière béton» au profit de matériaux biosourcés et de solutions de récupération. «On ne valorise pas assez le patrimoine existant pour le moderniser», affirme-t-il.

S’il est élu, Rémi Baudouï annonce une mesure phare: un moratoire d’un an sur les grands projets. L’objectif serait de suspendre les chantiers et d’organiser une vaste consultation, «a priori et non a posteriori», insiste-t-il. Pour lui, la démocratie genevoise doit associer les habitants dès le début des projets, et pas une fois les décisions arrêtées.

Ses prises de position lui valent d’être parfois qualifié «d’éternel mécontent» par la presse locale. Rémi Baudouï assume: «C’est une candidature critique, en tant qu’intellectuel, politologue et urbaniste.» Naturalisé suisse après une carrière en France, il souligne son engagement citoyen. «Je me suis toujours inscrit dans la philosophie de l’action publique suisse, à Genève en particulier.»

Politiquement, le candidat refuse les étiquettes. Il revendique une «sensibilité de gauche» face à la souffrance sociale, mais affirme aussi croire en la libre entreprise. «Il faut des hommes et des femmes d’action comme Genève en a connu dans son histoire», dit-il.