SIG: le Grand Conseil enterre la commission d’enquête
Les députés ont rejeté la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les Services industriels. Une alliance inhabituelle entre le PS, le PLR et les Verts a scellé ce refus. Reste une question centrale: comment rétablir la confiance et faire toute la lumière sur les dysfonctionnements dénoncés depuis des mois au sein de la régie autonome? Éléments de réponse.
Pas de débat hier soir, mais deux votes qui ont provisoirement mis fin au projet de commission d’enquête parlementaire sur les Services industriels de Genève. Après le scrutin, les députés ont écouté la vice-présidente lire un courrier de l’Association des professions juridiques et judiciaires sur les SIG. «Le plus troublant n'est pas le conflit d'intérêts, c'est l'indifférence qu'il suscite.»
Vers une sous-commission en charge du dossier SIG
L’ouverture d’une sous-commission d’enquête, en collaboration avec la Cour des comptes, reste à l’étude au sein de la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil. Pour le PS, ce travail doit se poursuivre. «C'est la solution qui paraît en effet la meilleure. (…) Il n'y a pas d'éléments actuellement qui permettent de dire que ça ne fonctionne pas», estime Matthieu Jotterand, chef du groupe PS.
LJS réclame toujours une commission d'enquête parlementaire
Liberté et Justice Sociales reste sur sa faim. Le groupe annonce qu’il proposera à nouveau la création d’une véritable commission d’enquête parlementaire. «La commission de gestion a beaucoup de dossiers à traiter. On constate que ça fait deux ans qu'ils traitent ce dossier. C'est un peu long pour trouver une solution», avertit Marc Saudan, chef de groupe LJS.
Le PLR veut réduire le nombre de membres du Conseil d'administration
Le PLR, lui, veut mieux encadrer les compétences requises pour siéger dans les conseils d’administration des régies publiques. «Nous avons déposé un projet de loi pour réduire drastiquement le nombre d'administrateurs, de 23 à 11», explique Pierre Nicollier, président du parti.
«Une commission composée de pontes, trop proches du pouvoir»
Pour l’UDC, la commission de contrôle de gestion doit prendre la mesure de la crise de confiance qui frappe les SIG. «Cette commission est composée de pontes. Le problème, c'est qu’ils sont toujours un peu trop proches du pouvoir pour être incisifs. (…) Avec ces problèmes aux SIG, il faut un électrochoc», estime Yves Nidegger, chef de groupe.
Depuis plusieurs mois, les affaires autour des SIG se succèdent: népotisme, surfacturation de l’énergie, mandats confiés à de faux avocats indépendants. Autant d’éléments qui alimentent une défiance croissante à l’égard de la régie.