Genève

Sécheresse: «Pratiquement 100% de perte» pour les betteraves sucrières

14.08.2026 17h17 Denis PALMA

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La sécheresse frappe durement l’agriculture genevoise. Betteraves sucrières, soja, tournesol, maïs, prairies ou cultures maraîchères: le manque d’eau affecte de nombreuses productions. Face à la situation, AgriGenève réclame un accès à l’eau brute pour l’ensemble du secteur agricole.

À Troinex, le champ de Michel Bidaux porte les traces de la sécheresse. L’agriculteur y cultive quatre hectares de betteraves sucrières. Faute d’eau, les plantes n’ont pas suffisamment grandi et se sont fragilisées. 

«Elles devraient faire deux fois leur hauteur actuelle. On ne devrait pas voir le sol», constate l’agriculteur. Mais le manque d’eau n’est pas le seul problème. En coupant une betterave qui paraît saine, Michel Bidaux découvre les galeries creusées par des larves de charançons.

«Quelle que soit la betterave que je coupe, je trouve des charançons partout. Là, on a pratiquement 100% de perte», déplore-t-il. Selon lui, les racines touchées deviennent impropres à la transformation. «Si on avait de l’eau brute bon marché pour cultiver ce champ, on aurait sauvé la récolte.»

«L’ensemble de l’agriculture genevoise est touché»

Les betteraves sont loin d’être les seules à souffrir. AgriGenève dresse un constat préoccupant pour plusieurs productions du canton.

«Il y a le soja, le tournesol, le maïs et les prairies, avec ce qui devrait fournir le foin pour l’hiver», énumère Patricia Bidaux, présidente d’AgriGenève.

Les cultures maraîchères de pleine terre résistent grâce à l’irrigation, mais avec un coût supplémentaire pour les exploitations. «Elles survivent parce qu’il y a un arrosage obligatoire, mais à des conditions économiques qui deviennent compliquées. On voit que l’ensemble de l’agriculture genevoise est touché», souligne Patricia Bidaux.

AgriGenève réclame un accès à l’eau brute

Face à la répétition des périodes de sécheresse, AgriGenève demande une réponse structurelle. La faîtière réclame un accès à l’eau brute pour l’ensemble des exploitations du canton.

L’objectif est de permettre aux agriculteurs d’irriguer leurs cultures à un coût supportable et de sécuriser davantage les récoltes lors des périodes de sécheresse. Pour la branche, l’accès à l’eau devient désormais un enjeu majeur pour l’avenir de l’agriculture genevoise.