Signes religieux: Genève vote sur une interdiction pour les élus
Faut-il interdire les signes religieux aux parlementaires genevois et aux magistrats? Le 14 juin, les Genevois voteront sur une modification de la Constitution. Adopté de justesse par le Grand Conseil, le texte provoque un affrontement frontal entre droite et gauche, entre neutralité de l’Etat et libertés fondamentales.
Les élus peuvent-ils siéger avec une grande croix, une kippa, un voile ou un turban? Et pourquoi pas avec une passoire sur la tête, comme l’avait fait la députée PLR Céline Zuber Roy au Grand Conseil? «J’ai découvert une nouvelle religion qui m’a convaincue, le pastafarisme», avait-elle lancé avec ironie.
La droite défend la neutralité
Par ce geste symbolique, l’élue PLR voulait tourner en dérision les arguments de la gauche. Elle défend aujourd’hui l’interdiction des signes religieux lors des séances plénières et des représentations officielles.
«Les élus représentent l’ensemble de la population, pas une communauté. Il est important que tous les citoyens se sentent représentés. Cette interdiction ne vise personne. Elle concerne uniquement le port de signes religieux pendant les plénières et les représentations officielles», affirme Céline Zuber, députée PLR.
La gauche dénonce un texte ciblant les musulmanes
À gauche, le texte est jugé inutile et discriminatoire. Les opposants estiment qu’il vise principalement les femmes musulmanes portant le voile.
«Si une personne portant un signe religieux parvient à faire campagne et à convaincre les électeurs, il n’y a aucune raison de l’empêcher de siéger», estime Nicolet Dit-Félix, député des Vert-e-s. L’élu compare également ces signes religieux à d’autres symboles politiques visibles au parlement, notamment les hallebardes arborées par certains députés UDC.
Une bataille judiciaire en vue
Déjà invalidées par la justice en 2019 dans la loi sur la laïcité, ces mesures ont été reprises par l’UDC, amendées par le PLR puis acceptées de justesse par le Grand Conseil.
Le peuple devra désormais trancher dans les urnes. Mais le combat pourrait se poursuivre devant les tribunaux: les Vert-e-s ont déjà déposé un recours, ouvrant la voie à une possible procédure jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.