Genève

Sommet G7: Genève veut durcir les règles sur les manifestations

23.03.2026 18h42 Denis PALMA

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À trois mois du sommet du G7 à Genève, le ton se durcit. Le Grand Conseil veut limiter, voire interdire les manifestations. Mais la conseillère d’État Carole-Anne Kast bloque un projet de loi, déclenchant de vives tensions politiques.

À l’approche du sommet prévu du 15 au 17 juin, la majorité parlementaire serre la vis. Deux textes ont été adoptés pour restreindre les mobilisations, tandis qu’un projet de loi du PLR visant à encadrer les manifestations en ville a été soutenu. Coup de théâtre toutefois: la conseillère d’État socialiste Carole-Anne Kast a bloqué le vote final, crispant une large partie des élus.

Le spectre du G8 et un durcissement assumé

Le traumatisme du G8 reste vif au Grand Conseil. Le parlement a validé une motion du parti de Pierre Maudet pour cantonner la manifestation des femmes du 14 juin à un périmètre strict.

Mais la droite, appuyée par Liberté et justice sociale et le MCG, va plus loin. Une résolution demande d’interdire toute manifestation durant le sommet. «C'est couru d'avance que des groupes de manifestants violents, genre Black Boy, utilisent le prétexte pour se joindre à la manifestation. Des casseurs qui nous mettent la ville à feu et à sang et ça on ne le veut pas», prévient Jacques Blondin, chef de groupe Le Centre.

Le Conseil d’État temporise

Face à cette offensive, la ministre de la sécurité appelle à la prudence. La manifestation des femmes n’est à ce stade pas autorisée. Des précisions sont attendues côté français début avril, alors que le Conseil d’État pousse pour un contre-sommet à Évian.

«Nous allons en tenir compte, comme des impulsions. D'ailleurs, elles sont contradictoires dans une certaine mesure, puisqu'une dit tout interdire, l'autre dit n'autoriser que d'une certaine manière. Il faut aussi que le Grand Conseil se rende compte que la situation peut encore évoluer et que la réponse que l'État doit donner doit être adaptée à la situation notamment sécuritaire globale», souligne Carole-Anne Kast.

Un blocage qui crispe la droite

La conseillère d’État a aussi stoppé net le projet de loi du PLR, jugé juridiquement contestable. Elle a refusé le troisième débat malgré une majorité.

«C'est une des difficultés qu'on a avec le Grand Conseil, c'est que parfois, des solutions sont possibles, mais peut-être pas selon le chemin envisagé. Et il faudrait peut-être que le Grand Conseil fasse un peu plus confiance à l'administration lorsqu'elle fait des analyses sur les possibilités qu'on a de légiférer ou pas», estime la magistrate.

À droite, les critiques sont vives. «la magistrate fait preuve d’un manque de compréhension des institutions» et d’une «dérive préoccupante». «C'est une dérive que j'interprète plus par une interprétation politique. Madame Carole-anne Kast, lorsqu'elle siège devant le Parlement, elle représente le Conseil d'État. Elle n'est plus militante socialiste», lance le député PLR Jean-Pierre Pasquier.

Le projet de loi reviendra devant les députés en mai. À trois mois du G7, le bras de fer se durcit entre impératif sécuritaire et droit de manifester. Le débat ne fait que commencer.