Genève

Sophie Bobillier: «Ces jeunes se sentent démunis»

20.12.2023 18h46 Lucie Hainaut

BOBILLIER BOBILLIER

La mort d’un jeune Afghan retrouvé dans le Rhône, Ali Peyvandi, relance le débat sur l’accueil des migrants à Genève. L’avocate de la famille d’Ali, Sophie Bobillier, réclame un meilleur accompagnement pour les jeunes qui passent la majorité.

Sophie Bobillier connaît bien la situation des jeunes migrants: elle propose une permanence juridique pour les mineurs non accompagnés et les requérants d'asile mineurs non accompagnés. Selon elle, le passage à la majorité est très difficile: «Ces jeunes se sentent complètement démunis, ils ont le sentiment de se faire balader par l’Hospice, de passer d’un hébergement à l’autre suite à la fermeture du foyer de l’Étoile». Elle estime que cette transition a été particulièrement difficile pour le jeune Afghan: «Ali Peyvandi a été déplacé, tout juste majeur, dans un établissement où il y avait 91 personnes, un seul intervenant social, un intendant et deux Securitas. C’est évident que ce n’était pas suffisant pour lui qui avait un risque de passage à l’acte très important, et qui avait déjà fait des tentatives de suicide».

«Ses parents sont dévastés par cette nouvelle»

Aujourd’hui, l’avocate représente la famille du jeune homme, restée en Afghanistan: «J’ai eu contact avec la famille d’Ali Peyvandi. Ses parents sont dévastés par cette nouvelle, au point que sa maman a fait un AVC quand elle a appris le décès de son fils. Le souhait de sa famille était de le rapatrier en Afghanistan. Aujourd’hui il a passé la douane afghane, et dans quelques heures il devrait être réuni avec sa famille pour qu’il puisse être enterré» raconte-t-elle. Son travail ne s’arrête pas là: elle va désormais suivre l’évolution de l’enquête. Le rapport d’autopsie devrait être disponible dans 6 mois. Elle fera les démarches nécessaires pour permettre à la famille de le consulter: «Ils ont beaucoup de questionnements sur lesquels on essayera de répondre. La première question que tout le monde se pose, c’est de savoir comment ça se fait que dans les cinq dernières années, quatre jeunes sont décédés dans des circonstances similaires à Genève».

Elle conclut: «Ce qu’ils souhaitent surtout, c’est que ce type de drame ne se reproduise pas».