TPG gratuits pour les jeunes: l’usage de la voiture recule
La gratuité des transports publics pour les jeunes et le rabais accordé aux seniors et aux bénéficiaires de l’AI commencent à produire des effets mesurables à Genève. Deux études publiées par le Département de la santé et des mobilités montrent notamment une baisse de l’usage de la voiture chez les 18-24 ans.
La mesure portée par Pierre Maudet continue de faire débat, notamment en raison de son coût. Mais ses premiers effets sont désormais documentés. Selon deux études, la gratuité des transports publics pour les jeunes a contribué à réduire l’usage de la voiture.
«Chez les jeunes de 18 à 24 ans qui avaient l’habitude d’utiliser deux à trois fois par semaine une voiture, avec l’effet de la mesure, 36% d’entre eux n’utilisent leur voiture plus qu’une fois par semaine», explique le porte-parole de l’office cantonal des transports Sébastien Deshusses.
Toutefois, cette baisse n’induit pas un suppression totale des véhicules, mais il est démontré que cette diminution se fait au profit des transports publics. «Chez les jeunes, on sait que l’aspect financier peut être un frein pour l’accessibilité au transport public. Là, avec cette mesure, on peut supprimer ce frein», nuance le porte-parole.
Un effet marqué sur les trajets quotidiens
Le changement concerne aussi bien les déplacements professionnels que les loisirs. «On constate une évolution intéressante sur le trajet domicile-travail ou domicile-études, avec une forte augmentation de la part des transports publics au lieu de la voiture», détaille Sébastien Deshusses.
L’étude relève néanmoins un effet collatéral: certains déplacements auparavant effectués à pied ou à vélo sont désormais réalisés en transports publics. Un point que Sébastien Deshusses préfère relativiser. «Ce n’est pas un point qui nous inquiète», assure-t-il, précisant que cette tendance existait déjà chez les détenteurs d’un abonnement.
Bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat
Les études se sont aussi intéressées aux conséquences financières de la mesure. Pour les seniors, «45% de l’économie qui est réalisée est directement réinjectée dans leur budget de vie quotidienne», indique Sébastien Deshusses. «Cela donne un vrai effet sur le pouvoir d’achat.»
Reste désormais à savoir si les jeunes continueront à utiliser les transports publics une fois passée la limite d’âge de la gratuité. Si les signes sont encourageants, «Il est encore un peu tôt pour tirer ce genre de conclusion», reconnaît Sébastien Deshusses.