Tariq Ramadan porte plainte contre Némésis et un journaliste
Tariq Ramadan contre-attaque. Selon les informations de Léman Bleu, ses avocats déposent une plainte pénale pour diffamation et calomnie contre le collectif Némésis et le journaliste Ian Hamel. En cause notamment: une campagne d’affichage menée cet été à Carouge.
Cet été, le visage de Tariq Ramadan s’affichait dans les rues de Carouge. À l’origine de cette campagne, Némésis, collectif féministe identitaire proche de l’extrême droite. Sur les affiches, une question: «Savez-vous qu’un violeur se promène librement dans le quartier de Carouge?»
Le collectif dénonçait ainsi la présence de Tariq Ramadan dans la commune. L’islamologue a été définitivement condamné en Suisse à trois ans de prison, dont un an ferme, pour viol et contrainte sexuelle. Il exécute aujourd’hui sa partie ferme sous surveillance électronique.
La campagne a également été relayée par Ian Hamel. Le journaliste publie régulièrement sur Tariq Ramadan, notamment sur Infoméduse et les réseaux sociaux.
«À Némésis, nous opposons Témis»
Face à cette campagne, les avocats de Tariq Ramadan ont décidé de riposter. Selon les informations de Léman Bleu, ils déposent une plainte pénale pour diffamation et calomnie contre Némésis et Ian Hamel.
«À Némésis, nous opposons Témis, c’est-à-dire la déesse de la justice», réagit Yaël Hayat. L’avocate dénonce une «méthode de commando» et de «justice privée» qui constituerait, selon elle, «un harcèlement obsessionnel autour de Tariq Ramadan».
La défense mène parallèlement un autre combat judiciaire. Depuis octobre 2025, elle demande la révision de la condamnation genevoise de Tariq Ramadan.
En France, l’islamologue a par ailleurs été condamné par défaut à 18 ans de réclusion pour les viols de trois femmes. Une condamnation qui n’est pas définitive. Absent à son procès, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt français.
Némésis dénonce une «procédure-bâillon»
Némésis assume de son côté sa campagne carougeoise et ne compte pas revenir sur son message. Sa porte-parole en Suisse, Léa Sauchay, qualifie la plainte de «procédure-bâillon».
«Ce n’est pas du tout la première fois que cela nous arrive», affirme-t-elle. Selon elle, ces procédures visent à «faire perdre du temps» aux personnes qui dénoncent publiquement certaines affaires et détournent l’attention des victimes de violences sexuelles.
Léa Sauchay critique également les conditions dans lesquelles Tariq Ramadan exécute sa peine: «Aujourd’hui, en Suisse, un homme qui a été condamné définitivement à trois ans de prison, dont un an ferme, ne passe tout simplement pas cette année en prison alors que dans ce même pays, certaines personnes qui n'arrivent pas à payer leurs amendes, eux, finissent en prison. Et c'est quelque chose que l'on trouve intolérable.» Le collectif affirme avoir voulu, par sa campagne, «alerter la population».
Ian Hamel déjà condamné en appel
Ce n’est pas la première procédure opposant Ian Hamel à Tariq Ramadan. Le journaliste avait déjà été condamné en appel en 2023 pour diffamation envers l’islamologue. Sollicité dans le cadre de cette nouvelle plainte, son avocat n’a pas souhaité s’exprimer.
Tariq Ramadan a lui aussi décliné notre demande d’interview. Après les affiches et les accusations publiques, l’affrontement se poursuit désormais devant la justice genevoise.