Genève

Tram 15: «On ne peut pas laisser les habitants vivre un enfer pendant six ans»

09.09.2026 19h00 Rédaction

Saint-Julien

Le prolongement du tram 15 jusqu’à Saint-Julien-en-Genevois est abandonné dans sa forme actuelle. Côté français, les élus veulent désormais un nouveau projet, mais surtout des solutions rapides pour ne pas attendre six à dix ans.

Le Conseil d’État genevois a décidé de ne pas recourir contre la décision du Tribunal administratif fédéral. Le projet de prolongement du tram 15, tel qu’il avait été voté en 2013, ne verra donc pas le jour. Sur Léman Bleu, Pierre Maudet estimait qu’un nouveau projet nécessiterait au moins six ans.

À Saint-Julien-en-Genevois, Laurent Mivelle se dit avant tout «déçu». «Pour nous, ce n’est pas un arrêt, explique le Maire. On veut rebondir sur cette décision, repartir, rebâtir et trouver des solutions alternatives qui soient réalisables rapidement.»

«Il nous faut le bus à six minutes»

La commune et la communauté de communes du Genevois ont déjà engagé plusieurs millions dans les aménagements liés à l’arrivée du tram. Laurent Mivelle estime que la situation actuelle ne peut pas durer jusqu’en 2032. «On ne peut pas laisser les habitants vivre un enfer pendant six ans.»

Sa priorité: renforcer rapidement la ligne 80 et lui offrir une voie réservée sur une grande partie du parcours. «Un bus bloqué dans les bouchons, ça reste une voiture plus longue que les voitures normales. Il nous faut la ligne 80 en site propre sur la plus grande partie du tracé», insiste-t-il. Il réclame également une fréquence de six à sept minutes, contre dix à quinze minutes actuellement.

Florent Benoit, président de la communauté de communes du Genevois, rappelle que le dossier dure depuis près de 20 ans. «Le tram de Saint-Julien a fait l’objet d’une charte signée en 2003, il a été inscrit au projet d’agglomération depuis 2007.» Quelques 18’000 véhicules franchissent chaque jour la douane de Perly.

Le tram reste l’objectif

Pour les deux élus français, il n’est pas question d’enterrer définitivement le tram 15. «On n’abandonne pas le projet, affirme Laurent Mivelle. À un horizon de six à dix ans, il n’y a que ce projet-là de viable.»

Pierre Maudet avait également assuré que les travaux déjà réalisés côté français n’étaient «pas perdus» et pourraient notamment servir à créer un site propre pour les bus. Il avait également évoqué une prise en charge financière des investissements effectués.

Laurent Mivelle attend désormais que ces paroles soient suivies d’effets. «On sera pleinement rassurés quand la prise en charge financière sera effectuée.» Mais pour le Maire, les compensations ne suffiront pas: «On attend surtout un nouveau projet du tram.»

Florent Benoit appelle de son côté à dépasser les crispations récurrentes entre Genève et la France voisine. «Nous sommes un bassin de vie commun», souligne-t-il. Pour lui, le développement économique genevois impose de trouver des réponses communes en matière de logement et de mobilité. «Quand on veut travailler ensemble, ça demande des compromis de part et d’autre.»