Un an après son projet de loi, le MCG remet la pression sur la mendicité
Le MCG déplore la lenteur du traitement politique sur la mendicité. Le parti réclame des règles plus strictes contre les «dépotoirs à ciel ouvert» dans les rues de Genève.
«Il y a urgence à agir.» François Baertschi ne cache pas son impatience, le président du MCG est revenu sur l’explosion de la mendicité, en évoquant un projet de loi déposé le 26 août 2025 par le député Skender Salihi.
Le texte vise à interdire plus précisément «l’occupation prolongée» de la voie publique par l’installation de matériel ou d’équipements. Dans le viseur du MCG: notamment les matelas et objets laissés plusieurs jours dans l’espace public.
«Déjà à l’époque, nous subissions ces matelas, ces dépotoirs à ciel ouvert qui ne sont pas acceptables pour Genève», affirme François Baertschi. Pour lui, cette situation représente «une dégradation de notre environnement, de notre vie» et «un manque de respect global des habitants de notre canton».
Mobilisation des politiques
Face aux récentes annonces de dépôt de motions en urgences face à cette problématique, le président du MCG estime qu’un projet de loi permet d’aller plus loin. «Une motion est utile, mais un projet de loi est beaucoup plus efficace parce qu’on inscrit dans le marbre de la loi des règles très précises», défend-il.
Le texte ne cible toutefois pas directement la mendicité. Comme d’autres interventions parlementaires récentes, il se concentre sur la salubrité et l’occupation du domaine public.
Il reconnaît cependant que le projet ne fixe pas de durée précise. «La loi, c’est un principe général, abstrait. On ne doit pas entrer trop dans le détail», explique-t-il. François Baertschi rappelle également qu’une motion du MCG portant sur le même problème a été adoptée en mars par une large majorité du Grand Conseil. Cette fois, le parti demandait surtout l’application des règles déjà existantes.
Selon lui, cette pression politique a commencé à produire des effets. «On a vu que les travaux qui ont été faits au niveau de la Ville de Genève, les actions de la police municipale sont quand même en relation avec cela.»
Efforts insuffisants
Mais pour François Baertschi, les efforts restent insuffisants. Alors que plusieurs partis ont récemment présenté leurs propres propositions sur le sujet, il appelle désormais à accélérer. «Je pense qu’il y a des choses qui changent, malheureusement pas suffisamment. Il faudrait aller beaucoup plus fort, parce que l’enjeu est très important pour Genève.»
Le président du MCG reconnaît aussi la difficulté du travail sur le terrain. Une fois les objets évacués, ils peuvent rapidement réapparaître. «On intervient et ensuite il faut recommencer, presque de manière perpétuelle.»
Sa conclusion est sans détour: «Il faut agir avec détermination.» François Baertschi appelle enfin les partis à «ne pas faire d’obstruction idéologique» et à «véritablement mettre fin à cette situation».