Genève

Un audit constate des failles dans la gouvernance des HUG

14.11.2025 19h10 Rédaction

La Cour des comptes genevoise a publié vendredi un rapport qui met en lumière des failles dans la gouvernance des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). En cause notamment, le nombre trop élevé de membres au Conseil d'administration et des compétences manquantes.

Le rapport dévoilé ce vendredi par la Cour des comptes met en lumière plusieurs dysfonctionnements au sein des HUG. Invitée à en commenter les conclusions, Sophie Forster-Carbonnier, magistrate à la Cour, rappelle d’emblée l’enjeu. «C’est un rapport important parce qu’il traite de la gouvernance des HUG.» Selon elle, certaines recommandations dépassent même le cadre des Hôpitaux universitaires et devraient inspirer d’autres établissements publics autonomes.

Le point le plus pressant? La composition du conseil d’administration. Actuellement fort de 19 membres, il dépasse largement les bonnes pratiques nationales et internationales qui préconisent 7 à 9 administrateurs. Sophie Forster-Carbonnier, qui plaide pour un conseil plus réduit et plus «professionnalisé». À Genève, la logique de représentation politique et d’intérêts spécifiques explique cette inflation. Chaque groupe du Grand Conseil dispose de son siège, auxquels s’ajoutent notamment un représentant vaudois, un représentant français ou encore le président de l’Association des médecins.

Dans cet audit de conformité lancé, les magistrats relèvent le peu de diversité dans les profils des administrateurs. Certaines compétences sont manquantes, notamment dans des domaines comme l'économie de la santé, la gestion des risques, le numérique, le droit et l'immobilier, constate la Cour des comptes.

Douze recommandations formulées, toutes acceptées 

Cette structure complexe entraîne aussi des «risques de conflit d’intérêts structurels». La magistrate cite, entre autres, le cas du représentant vaudois, également membre du conseil administratif du CHUV et qui se retrouve parfois «un peu inconfortable» quant à la portée de son rôle. De plus, aucune règle de récusation n’est prévue à ce jour.

Autre point sensible: la relation entre les HUG et le conseiller d’État en charge de la santé, Pierre Maudet. Plusieurs personnes ont rapporté à la Cour des Comptes une forme d’ingérence dans des dossiers opérationnels. Les avis divergent, mais les tensions sont reconnues. «Il faut revoir la manière dont le conseiller d’État surveille les HUG», estime Sophie Forster-Carbonnier, afin de clarifier et cadrer les interactions.

Les HUG se sont engagés à appliquer rapidement les 12 recommandations, dont un tiers jugées prioritaires. Certaines mesures sont déjà annoncées pour mars 2026. «Nous ne fixons pas de délai», précise toutefois la magistrate.