Un député veut instaurer des «congés joker» à l’école primaire
Le député socialiste Romain de Sainte-Marie annonce à Léman Bleu déposer une motion au visant à instaurer des congés joker à Genève. L’idée veut permettre aux parents d’élèves du primaire de disposer de plusieurs demi-journées d’absence sans devoir les justifier.
Le principe est simple: mettre à disposition des familles un nombre limité de demi-journées durant lesquelles un enfant pourrait manquer l’école sans que ses parents aient à demander une autorisation particulière à la direction. Romain de Sainte-Marie propose de s’inspirer des congés joker déjà connus dans plusieurs autres cantons. «C’est un système qui a fait ses preuves», défend le député socialiste.
Aujourd’hui à Genève, les parents doivent adresser une demande à la direction de l’établissement et expliquer les raisons de l’absence. Une procédure que Romain de Sainte-Marie juge trop lourde et surtout inégale. «Des familles ont connu des refus de la part des directions. D’autres, à l’inverse, ont pu témoigner que toutes les demandes étaient acceptées», relève-t-il. Pour le député, «il s’agit aujourd’hui d’avoir une égalité de traitement».
Des congés joker, mais régulés
Romain de Sainte-Marie évoque un contingent de six demi-journées par année. Leur utilisation ne serait toutefois pas totalement libre. Il souhaite notamment empêcher que les familles puissent les cumuler systématiquement pour prolonger leurs vacances.
«Il faut mettre certaines cautèles», estime-t-il, citant le modèle vaudois. Les congés pourraient par exemple être interdits durant certaines périodes d’épreuves communes et le nombre de demi-journées consécutives limité.
«Il ne s’agit pas de vacances véritablement supplémentaires, mais bien de congés liés à des problématiques familiales», insiste Romain de Sainte-Marie. Les modalités précises reviendraient au Département de l’instruction publique si le principe était accepté par le Grand Conseil.
Une mesure aussi sociale
Le député assume toutefois que ces congés puissent parfois être accolés aux vacances scolaires. Il met notamment en avant les contraintes financières de certaines familles.
«Ce sont les personnes, souvent issues de la migration par exemple, qui ont la seule occasion dans l’année d’aller retrouver leur famille», explique-t-il. Certaines n’ont pas toujours les moyens d’aller prendre le billet d’avion du samedi au samedi» et pourraient ainsi rentrer un lundi après avoir rendu visite à leurs proches. Romain de Sainte-Marie revendique donc «une logique sociale»
Reste la question du travail supplémentaire que pourraient entraîner ces absences pour le corps enseignant. Sur ce point, le député se veut catégorique: «Il ne faut qu’il n’y ait aucun report de charges sur les enseignants.»
Selon lui, les absences existent déjà, qu’elles soient liées à la maladie, à des événements familiaux ou à des demandes exceptionnelles. Son objectif serait donc avant tout de poser «un cadre plus simple» et de mettre fin à certaines absences cachées. En contrepartie, Romain de Sainte-Marie souhaite «serrer la vis» pour les demandes qui sortiraient ensuite de ce cadre.
Une entrée en vigueur espérée en août 2027
Le député socialiste se dit confiant sur les chances politiques de sa motion. Il cite notamment le précédent vaudois et assure que Genève figure parmi les derniers cantons à ne pas avoir adopté un tel système.
«Mon but est justement de simplifier ces démarches administratives. Mon but est d’avoir une véritable égalité de traitement», résume Romain de Sainte-Marie.
Après son passage devant le Grand Conseil, puis une éventuelle mise en œuvre par le Conseil d’État, le député espère voir les congés joker apparaître dès la rentrée scolaire d’août 2027.