Genève

Une canicule d'une durée record en vue

22.06.2026 18h45 Rédaction

canicule

La vague de chaleur ressentie à Genève est d'une haute intensité... et partie pour durer. L'analyse du prévisionniste Lionel Peyraud de MétéoSuisse.

La canicule qui frappe Genève pourrait devenir la plus longue observée jusqu’ici. Selon le prévisionniste de MétéoSuisse Lionel Peyraud, l'épisode devrait encore durer plusieurs jours et pourrait battre un record historique de durée. «On s'achemine probablement vers une série d'environ 14 jours d'affilée de canicule, ce qui jusqu'à maintenant n'a jamais été atteint, tous mois confondus», explique-t-il.

Si l'intensité de cet épisode sera évaluée à son terme, sa durée est déjà remarquable. Le spécialiste estime que la canicule pourrait se prolonger jusqu'à dimanche ou lundi, avec un éventuel rafraîchissement à confirmer pour le début de la semaine prochaine.

Face à ceux qui considèrent ces températures comme normales en été, Lionel Peyraud rappelle le caractère exceptionnel de la situation. «C'est vraiment exceptionnellement chaud pour un mois de juin», souligne-t-il.

Vigilance pour les personnes vulnérables

L'un des principaux dangers survient la nuit, lorsque les températures peinent à redescendre. Les autorités sanitaires ont renforcé leurs dispositifs depuis les grandes canicules de 2003. Ainsi, nous sommes mieux armés pour combattre les effets de telles vagues de chaleur. «Il y a des structures qui ont été mises en place, notamment avec les médecins cantonaux et aussi les hôpitaux», rappelle Lionel Peyraud.

Les personnes âgées, les jeunes enfants et les habitants des zones urbaines sont particulièrement exposés. Dans les îlots de chaleur, les températures peuvent être «de 3 à 5 degrés supérieures». Le spécialiste recommande de «bien s'hydrater» et de surveiller les personnes les plus fragiles.

Le réchauffement climatique en toile de fond

Cet épisode est lié à la présence persistante d'un anticyclone subtropical sur l'Europe occidentale. «Plus ces anticyclones subtropicaux stagnent au-dessus de l'Europe de l'Ouest comme c'est le cas actuellement, plus cela prolonge l'effet de la canicule», explique Lionel Peyraud.

Et la tendance pourrait se répéter davantage à l'avenir. «Avec le réchauffement climatique, on peut s'attendre à ce que ces situations deviennent malheureusement un peu plus fréquentes en été.»

Quant à savoir si le pire est déjà passé, le météorologue reste prudent. «C'est possible que le week-end prochain on atteigne encore des pics de chaleur». Un mois de juin chaud est-il annonciateur d’un été «pourri» ? «Pas forcément» répond le météorologue qui rappelle qu’au-delà de 7-10 jours, la fiabilité des prévisions devient beaucoup plus floue.