Genève

Une étudiante genevoise sacrée au concours romand d’éloquence

22.04.2026 19h02 Rédaction

Lauréate du concours romand d’éloquence, Anastasia Fossati raconte une victoire «pleine d’émotions». Entre passion pour l’argumentation et ambition de plaider, l’étudiante genevoise voit dans l’éloquence bien plus qu’un exercice académique.

«C’est beaucoup d’émotions, un grand plaisir également.» Quelques jours après sa victoire, Anastasia Fossati savoure encore. L’étudiante à l’École d’avocature a remporté vendredi le concours romand d’éloquence, au Conservatoire, devant un jury prestigieux. «J’ai convaincu le public et je pense que c’est le plus important aussi», insiste-t-elle .

Le thème imposé, «L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible», l’a poussée à explorer un vaste champ. «L’art c’est un énorme domaine et il a fallu faire des choix», explique-t-elle. En huit minutes, elle a voulu «montrer des aspects de l’art que l’on ne considère pas tellement», notamment «une certaine connexion qui se crée entre l’artiste et le récepteur.» Son approche s’inscrit dans une lecture du réalisme, où «L’art transfigure le visible, transfigure le réel pour montrer autre chose.»

«Chercher comment captiver»

Au-delà du sujet, c’est la mécanique même de l’éloquence qui la motive. «C’est d’abord une stimulation intellectuelle. Ensuite, c’est un plaisir d’écriture», confie Anastasia Fossati. Elle dit aimer «chercher comment captiver, comment rendre intéressant, comment peut-être instruire et questionner les gens aussi».

Cette passion née presque par hasard: «Je ne connaissais absolument pas l’éloquence» avant de rejoindre le club genevois de Débat à l’Université. Depuis, elle y voit «un plaisir», mais aussi «un entraînement pour mon futur métier» et «un exercice artistique».

«Un outil pour se faire entendre»

Pour la lauréate, l’éloquence dépasse la performance. «C’est un outil qui peut être mal utilisé», prévient-elle. Elle défend l’équilibre entre fond et forme: «C’est bien d’avoir du fond, mais pour qu’il soit audible, il faut qu’il y ait de la forme.» Contrairement à certaines idées reçues, elle ne voit pas cette pratique décliner. «Je pense qu’il y a vraiment un regain d’intérêt», observe-t-elle, évoquant notamment les réseaux sociaux.

Son objectif est clair: plaider. «J’espère que le destin me permettra d’exercer dans ce domaine là, c’est vraiment plaider qui m’intéresse en droit pénal», affirme Anastasia Fossati. La victoire pourrait accélérer les choses. «C’est beaucoup de rencontres avec des avocats», note-t-elle. «C’est une ligne dans le CV qui est assez brillante. Donc ça ouvre des portes, réellement.»